Notes

1Jean-Pierre DUPREY, « Réincrudation [fin 1958 / début 1959] », dans Œuvres complètes (Paris, Christian Bourgois, 1990), p. 179-182. Ce texte fut écrit peu avant sa mort sur la demande de J.-C. Lambert qui lui suggérait d'écrire un texte théorique pouvant servir d'introduction à une série de dessins et de sculptures. Cf. la note 31 de François DI DIO, dans Œuvres complètes, p. 327.

2Les poèmes de cette période, dont certains ont été publiés en revue, sont reproduits en fin de volume dans Jean-Pierre DUPREY, « Premiers poèmes : publiés et inédits (1945-1947) », dans Œuvres complètes, p. 253-300.

3La lettre d'André Breton est reproduite dans son intégrité aux pages 15 et 16 des Œuvres complètes, elle est datée du 18 janvier 1949.

4Ces renseignements se trouvent dans la biographie chronologique établie par François di Dio dans les Œuvres complètes, p. 11-21. Le présent volume ne contient malheureusement qu'une seule reproduction d'une des sculptures (sans titre) de Duprey. Pour satisfaire sa curiosité, on peut se rapporter au livre de Jean-Christophe BAILLY, Jean-Pierre Duprey (Paris, Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui no 212, 1973) qui donne un peu plus à voir.

5Le témoignage de Pieyre de Mandiargues est à ce titre révélateur : « Duprey était un homme qui ne tenait d'aucune façon, ou presque, au monde extérieur. Je crois n'avoir jamais connu personne qui fût si merveilleusement "détaché" », dans Œuvres complètes, p. 318. Et aussi cet hommage d'Alain Jouffroy: « Jean-Pierre ne faisait aucune déclaration comminatoire, aucun geste démonstratif. Il se contentait de regarder, mais de regarder attentivement ce qui se passait autour de lui, d'écouter, d'entendre. Prêt à toute éventualité, il ne cherchait pas même à prouver en quoi il incarnait cette volonté anonyme de voyance qui avait produit Derrière son double et proposerait bientôt la Fin et la Manière, parce que c'était une intelligence cachée, mystérieusement enfoncée de l'autre côté du cérémonial des pauvres, des superbes apparences de sa vie. Un poète préférera toujours ce qui n'est pas dit à ce qui est dit, ce qui ne se fait à ce qui se fait », dans « Lettre rouge / préface d'Alain Jouffroy pour La Fin et la Manière », Œuvres complètes, p. 307.

6Il serait intéressant d'étudier plus en profondeur le don de double vue chez un auteur comme Camus, par exemple, dont on n'aperçoit de l'expérience intérieure que sa part objective. D'où l'ambiguïté qui règne sur l'œuvre, et sur l'auteur aussi, et que l'on voit parfois surgir à la surface comme dans un de ces nombreux passages révélateurs: « Je me rendis à la salle de bain, raconte Jean-Baptiste Clamence, pour boire un verre d'eau. Mon image souriait dans la glace, mais il me sembla que mon sourire était double [...] », dans Albert CAMUS, La Chute (Paris, Gallimard, coll. Folio no 10), p. 43. Camus pouvait révéler sans avoir connu la grâce. Mais nous y reviendrons, à propos des visions de Duprey.