AS/SA Nº 1: Editorial (p.3)




   Introductory Editorial / Editorial d'introduction   


    We are very pleased to bring you the first issue of Applied Semiotics / Sémiotique appliquée, a project whose gestation has proven nearly as long as that of the human species, the case of which also involves a delay of several months separating conception (always the easy part) and ultimate delivery. We nevertheless feel the wait will have been well worthwhile, as this publication represents the very first literary journal that the University of Toronto Department of French has conceived wholly on-line. Well, with Web-sites the times are pregnant, and bring forth every minute some.

    We would like to believe, however, that ours constitutes something quite unique. Our aim has not only been to found a new review devoted to the advancement of practical semiotics (see our Mandate); we have also endeavored to break new ground in scholarly publication, in bypassing entirely the print medium, in favor of a new one we believe will become the scholarly forum of tomorrow. Indeed, this would likely have become the case even if - dare we say it - financial constraints had not become the scourge of universities everywhere.

    For AS/SA, like the Internet journals likely to follow it, offers advantages hitherto not feasible. In a word, it is ubiquitous. It can be consulted for free (assuming a reader has access to a computer) anywhere there are telephone lines. But its most important feature, perhaps, from an academic standpoint, is that it represents a great leap forward in the means by which academic communities function: that is to say, the publication of research for peer review. Whereas an article published in print media is generally a year old when it sees the day, AS/SA can, in principle, make research available on a world-wide scale within days of its approval by our Advisory Board.

    It is to this end that we have included a Web-page entitled "Letters and Debates," where we intend to publish your comments and ideas regarding the subjects broached by the issue's articles. This is essentially an on-line, up-to-date forum for semiotic discussion. It will no doubt prove interesting to see what shape this feature of AS/SA ends up taking on; that will depend on you, our readers. How, indeed, will the medium affect the message? Marshall McLuhan, who was one of our own great thinkers at Toronto, might have been in for a surprise. Time will tell, perhaps. But enough about AS/SA. Let's talk about AS/SA's first issue.

    Our first article is by Russian researcher Tamara Nazarova of Moscow State University. It is an interesting piece, whose aim is to re-think some of the methodological problems posed by - what else? - applying semiotics (see Abstracts, p.4). The second article, although the order we chose was quite arbitrary, is a good example of "hard" semiotics written by Paul Perron and Marcel Danesi of the University of Toronto. Paul Perron is Chair of the French Department, and Marcel Danesi is a semiotician in the Italian Department. Their essay is an extremely well-structured discussion of a new way of thinking about cognition. Generally, this scientific domain is still widely dominated by "automaton" and "computer" models of human cognition. Perron and Danesi recognize the value of such approaches, but maintain that it is inherently incomplete; they offer an alternative approach based on, but not originating within, Greimas' narratological ontology. The third article in this issue, written by Itamar Even- Zohar of Tel-Aviv University, discusses semiotic constructions as anthropological and cultural institutions, and more specifically, the way literary institutions developed throughout Western history to become a European model for the building of nations. Even-Zohar is the author of the Polysystem Studies approach to semiotics, which, we are proud to say, after enjoying quick acceptance in Canada, is now gaining ground worldwide.

    Again, you may wish to have a look at the Abstracts of these articles (p.4 of this issue). Otherwise, may your journey into the first issue of AS/SA be an interesting and enjoyable one.



     Nous sommes tout particulièrement heureux de vous apporter la première livraison de Applied Semiotics/ Sémiotique appliquée, un projet qui est resté en gestation pendant un laps de temps aussi long que celle de l'être humain, dont l'histoire comporte elle aussi un douloureux délai entre la conception (la partie belle s'il en est) et la délivrance finale. Sans le moindre doute, nous sommes convaincus que le résultat vaut notre peine, puisque cette publication constitue le premier journal conçu de la première à la dernière ligne sur support électronique au département de français de l'université de Toronto. Justement, l'heure est au World Wide Web, et chaque minute apporte son lot de naissances grâce à ce medium.

     Nous voulons penser quant à nous que le fruit de notre labeur a quelque chose d'unique. Nous n'avons pas simplement tenté de fonder une nouvelle revue consacrée à l'avancée de la sémiotique dans sa dimension pratique (comme nous le précisions dans notre Mandat). Nous avons aussi fait de notre mieux pour sortir des sentiers battus de la publication savante, notamment en faisant l'économie de l'imprimé et en promouvant un nouveau medium qui, nous en sommes persuadés, est appelé à devenir l'agora intellectuelle de demain. En effet, cela aurait déjà été le cas même si, osons le dire, certaines compressions financières n'étaient pas devenues le fléau avec lequel les universitaires d'aujourd'hui doivent composer de toutes parts.

     AS/SA, tout comme les périodiques qui ne manqueront pas de lui emboîter le pas, met à la disposition de ses usagers et usagères des avantages qu'il était naguère impossible d'envisager. La consultation en est sans frais aucun, à condition s'entend que l'on dispose d'un ordinateur relié au WWW, à partir de n'importe quel branchement téléphonique. Mais son atout principal, du point de vue de la recherche institutionnelle, reste que c'est là un grand saut en avant pour le fonctionnement de la communauté qui recherche, c'est-à-dire la publication des travaux évalués par les pairs. Alors qu'un article publié sur support imprimé est déjà vieux d'un an lorsqu'il voit les rayons des bibliothèques, AS/SA est en mesure, sur papier du moins, de mettre la recherche courante à disposition mondiale dans un délai de quelques jours, suite à l'approbation de notre comité de lecture.

     C'est à cet effet que nous avons inclus une page intitulée « Lettres et Débats », où il est de notre intention de rendre vos commentaires et suggestions publics, si vous en avez à propos des sujets traités par les articles de chaque numéro. Cette page représente en substance un forum de discussion sémiotique à la page, qui évolue au jour le jour. Il sera sans nul doute de grand intérêt que de pouvoir suivre l'évolution pratique de cette option de AS/SA - car elle dépendra de vous qui nous lisez. Comment le medium va-t-il finir par influencer le message ? Marshall McLuhan, un de nos grands penseurs de Toronto, aurait peut-être été intrigué par le résultat. Mais assez de AS/SA, il est temps d'évoquer son premier numéro.

     Notre premier article est écrit par une chercheuse moscovite, Tamara Nazarova, de l'université d'état de Moscou. Ce travail est de grand intérêt dans la mesure où son but est de repenser certaines des problèmes méthodologiques posés par... l'application de la sémiotique (Résumés, page 4). Le deuxième article - soit dit en passant que leur ordre est arbitraire - est un excellent exemple de sémiotique « dure » écrit par Paul Perron et Marcel Danesi, de l'université de Toronto. Paul Perron dirige le département de français, et Marcel Danesi est un sémioticien du département d'italien. Leur travail est une discussion fort bien structurée d'une relativement nouvelle manière d'envisager la cognition. Dans l'ensemble, ce domaine est en effet encore largement dominé par les modèles de cognition humaine automatistes et informatiques. Perron et Danesi ne nient pas la valeur de telles approches, mais en soulignent l'incomplétude. Ils proposent une autre approche fondée sur l'ontologie narratologique greimassienne, sans pour autant qu'elle en provienne directement. Le troisième article du numéro, par Itamar Even-Zohar de l'université de Tel-Aviv, traite des constructions sémiotiques comme institutions culturelles et anthropologiques, et plus précisément de la manière dont les institutions littéraires se sont développées au fil de l'histoire occidentale jusqu'à former un modèle européen de construction nationale. Even-Zohar est à l'origine de la théorie du polysystème qui, nous sommes fiers de le signaler, a rapidement été acceptée au Canada, et qui continue son chemin dans le reste du monde.

     Peut-être voudrez-vous encore consulter le résumé de ces articles. Pour le moins, nous souhaitons que votre navigation à travers le premier numéro de AS/SA sera fructueuse et agréable.




P.G.M & P.G.M.

Toronto, March 18, 1996 - Toronto, le 18 mars 1996

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AS/SA nº1 (1996): page 3

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23.01.1996