Cinq années se sont écoulées depuis
la conception et les premiers pas de la revue Applied
Semiotics/ Sémiotique appliquée. Pascal
Michelucci et moi-même, après avoir
consulté notre premier webmestre, Ron Davis, ainsi
que le Directeur du Département d'études
françaises de notre université, Paul Perron,
nous sommes employés durant les premières
semaines du mois de décembre 1995 à envoyer
des invitations à un grand nombre d'experts
disséminés à travers le monde, qui,
selon nous, étaient susceptibles d'être
favorable à un tel projet et de venir se joindre
à notre Comité de lecture. C'est avec grand
plaisir alors que nous avons constaté à quel
point la communauté scientifique nous soutenait dans
notre entreprise. Nous fûmes ravis, tous les deux, de
recevoir plus de quarante réponses favorables ;
seuls deux chercheurs, des plus engagés pourtant
Umberto Eco et Linda Hutcheon furent trop
pris par leurs trop multiples responsabilités pour
pouvoir y participer. Nous ignorions, à ce moment,
que notre revue allait jouir d'une réception des plus
favorables, et qu'elle serait appelée à
attirer les chercheurs les plus illustres dans bien des
domaines frisant la sémiotique.
Dès lors, pour fêter notre cinquième
anniversaire, nous sommes fiers de vous livrer le
numéro 10 de notre revue littéraire, qui
comporte maintenant quelques modifications et mises à
jour suggérées par nos lecteurs même.
Comme vous le savez peut-être déjà, la
raison pour laquelle nous avons toujours évité
les technologies Internet dernier cri est tout simplement
que nous nous intéressons peu à ce genre de
jaillissement baroque de structures de surface ; nous
avons toujours préféré faire en sorte
que l'accessibilité, dans le monde entier, y compris
dans les régions moins développées,
soit maximale. Or, depuis notre lancement, les innovations
permanentes des médias utilisant le World Wide
Web n'ont cessé de faire progresser cet
accès.
Pour cette raison, nous sommes contents de vous annoncer
que nous projetons, à l'avenir, d'exploiter plus
avant les possibilités offertes par les
dernières versions de Java, de l'HTML et ainsi de
suite. Pour l'instant, nous avons tout simplement mis fin au
format, qui d'ailleurs s'est bien acquitté de sa
tâche en son temps, selon lequel chaque page
réside dans son propre fichier HTML, en faveur d'une
approche « intégrale » comprenant
l'article entier en un seul document. Les lecteurs
remarqueront, de plus, en examinant la page de titre du
numéro 10, que le titre de chaque article est
maintenant un lien à son fichier unique ;
toutefois, les numéros de page ont toujours la
même fonction.
Les lecteurs qui nous connaissent bien se rappelleront
aussi que notre mission est accessoirement de pourvoir la
communauté sémiotique mondiale d'un forum
ouvert et démocrate pour la publication de recherches
dans les domaines qui nous concernent tous. Ceci signifie,
bien sûr, non seulement que nous sommes prêts
à considérer des idées
« originales », mais aussi que nous ne
sommes pas défavorables à mettre en question,
de temps en temps, les fondements de la sémiotique
tels qu'ils sont conçus or reconçus
actuellement. Nous sommes convaincus, en particulier, que la
discipline aurait avantage à se distancer davantage
des méthodologies linguistiques traditionnelles, et
à se risquer dans des approches inspirées des
domaines anthropologiques, psychologiques et philosophiques
de l'étude des signes.
Le présent numéro constitue, nous
l'espérons, un pas de plus dans la bonne
direction : en encourageant, de façon modeste,
de plus amples débats sur les fondements de notre
discipline, nous voulons, en dernier lieu, contribuer
à faire avancer la sémiotique en la
libérant de sa préoccupation
« égocentrique » ;
effectivement, combien d'articles voit-on, aujourd'hui, qui
ne sont pas d'une façon ou d'une autre des examens de
la sémiotique per se, au lieu d'explorations
hardies de sa terre natale, à savoir la
communication ?
Etant donné la méthodologie des articles
que nous vous présentons ici, aucun besoin d'en dire
davantage : les approches épistemologiques sont,
de par leur nature, fondamentales, et sont en
conséquence plus transparentes que d'autres sortes de
recherche. Donc, bonne lecture! et merci, une nouvelle fois,
de votre visite.
Peter Marteinson, décembre 2000
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