Editorial de présentation nº 16








Le présent numéro de Applied Semiotics / Sémiotique appliquée marque le dixième anniversaire de la revue. En effet, quoiqu'il semble ne s'être eecoulee que quelques années depuis, c'est il y a eu dix ans en décembre que nous avons reçu l'accord de notre Directeur et le soutien de notre premier webmestre départemental, Ron Davis, qui est maintenant un jazzman renommé, pour fonder la revue que vous lisez en ce moment. Ce printemps, en mars plus exactement, nous fêterons les dix ans de la publication du premier numéro. De nombreux changements dans la publication institutionnelle, en sciences bibliothechniques et en technologies de la communication ont bouleversé depuis le monde universitaire et se lisent en filigrane dans l'évolution de AS/SA. C'est comme étudiants de troisième cycle que nous avons lancé l'idée d'utiliser Internet, une technologie dont l'avenir paraissait alors flou, pour disséminer les recherches d'un domaine auquel nous entendions contribuer. Etant donné que la sémiotique, discipline sans ancrage institutionnel fixe, se composait d'un outillage méthodologique transdisciplinaire et fédérait sous sa bannière une communauté géographiquement dispersée, cette technologie décentralisée appelait à être utilisée ainsi que nous le proposions. Internet était déjà disponible pour les chercheurs comme pour le grand public et, de notre point de vue, n'exigeait d'autre investissement que le temps nécessaire pour mener le projet à bon port. Nous ne nous rendions nullement compte alors que nous anticipions de fait les principes promulgués et défendus par le mouvement d'accès libre qui allait, sous ce nom, se coaliser après 1998 dans le monde de l'intelligence logicielle et, plus tard, dans celui de la diffusion de la recherche universitaire. En regardant en arrière, il nous semble que nous avons bien fait de nous lancer dans ce projet, car il y a aujourd'hui plusieurs milliers de publications savantes en ligne, et que depuis jusqu'aux bibliothèques de recherche les plus prestigieuses ont mis tous leurs efforts à faire fructifier la technologie. Certes, il y a dix ans, il existait des tentatives isolées de chercheurs pour proposer des recensements de ressources, alors que les maisons d'édition ne se gênaient pas pour se servir d'Internet comme vitrine et y appâter le chaland. Mais il n'y avait alors qu'une poignée de publications régulières et nous étions les premiers à proposer un modèle de publication périodique en ligne dans notre domaine de recherche.

De nombreux lecteurs qui nous suivent depuis cette époque auront noté qu'au fur et à mesure de l'accélération des débits et de la progression des pratiques en édition HTML nous nous sommes efforcés de prendre ne compte les avancées technologiques. Divers aménagements ont amélioré la présentation de façon à la fois graduelle et volontairement discrète.

Plus récemment toutefois, nous avons fait un pas décisif: à la fin de l'été 2005, nous avons décidé d'employer la nouvelle technologie de l'impression numérique à la demande, qui a rendu possible la création d'une nouvelle version imprimée de AS/SA. Les volumes I et II sont d'ores et déjà disponibles, et les suivants sont en cours de conception. Si notre idée de départ de ne pas baser la viabilité de notre périodique sur le paradigme de la publication imprimée a été abandonné, c'est parce que nous croyons toujours en la même philosophie et qu'elle s'applique aujourd'hui aussi à l'imprimé là où elle démarquait naguère la publication en ligne. La condition numérique, avec son principe de reproductibilité théoriquement infinie, nous confère la capacité de porter la recherche à nos lecteurs tout en garantissant la visibilité de nos auteurs et des délais de publication raisonnables (chiffrés en mois), et toujours en réduisant les coûts de matières premières qui constituent, après tout, des facteurs importants pour la bourse et pour l'environnement. Il est toutefois primordial qu'AS/SA exploite à fond cette souplesse de fonctionnement, car elle est synonyme d'indépendance et illustre une ouverture « démocratique » de la recherche au public. Il n'est pas nécessaire d'être membre d'une institution vénérablement opulente pour donner aux collègues chercheurs la possibilité d'atteindre un public étendu, et celle de se joindre au forum international de la vie intellectuelle par le truchement du partage, de l'enrichissement et de la validation mutuelle qu'est le dialogue avec les pairs.

Nous laisserons les articles qui composent ce nº 16 parler d'eux-mêmes au lecteur que vous êtes. Comme toujours, nous avons fait de notre mieux pour vous fournir des travaux de qualité autour d'un sujet d'actualité pour la sémiotique - et surtout pour vous permettre de lire des travaux qui auraient peut-être plus difficilement trouvee le chemin de la presse dans un système reposant sur la viabilité mercantile, des traditions vénérables, mais un mode de diffusion plus confidentiel.

Nous espérons que vous profiterez de l'édition double de AS/SA et que vous vous sentirez libre de commenter ou de contribuer au forum que nous avons ressuscité sous la forme d'un blog. En vous remerciant de votre soutien continu et de votre complicité.


La Rédaction










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AS/SA Nº 16, Editorial


© 2005, 2006 Applied Semiotics / Sémiotique appliquée

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2005.12.28