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Cette deuxième phase m'a
amenée à rejeter la dichotomie langue générale /
langues de spécialité, opposition créée pour des raisons
méthodologiques élevées quelquefois au statut
d'épistémologiques. Je m'explique. D'une part, la linguistique contemporaine a
plutôt boudé les études sur le lexique en faisant de la syntaxe le creuset
méthodologique d'où jaillit la théorie linguistique (cf. Newmeyer, 1986). Dans cet exercice de modélisation, on
le sait, les problèmes lexicaux sont considérés la plupart du temps comme des
données inintéressantes et sont souvent écartés. D'autre part, la grande
majorité des lexicologues élimine du champ d'investigation de la lexicologie le
vocabulaire spécialisé qui se retrouve ainsi relégué à la
terminologie, laquelle est souvent confondue avec la terminographie. D'exclusion en exclusion, on
obtient une partition plus accidentelle qu'essentielle, division qui n'est
qu'épiphénomène puisque dans tous les cas on se frappe à un
même problème : l'absence d'une théorie sémantique
adéquate. Depuis Saussure et sa théorie du signe subsiste une tendance à
exclure la référence des études linguistiques. À l'instar de Haiman (1980) 3 et de
Langacker (1987), j'estime que la sémantique ne peut
éviter d'être encyclopédique. Dès lors, les phénomènes
observés dans les langue de spécialités constituent des faits linguistiques parmi
d'autres4.
Certains 5 affirment que l'étude du lexique ne doit pas
s'occuper de l'image scientifique du monde, mais qu'elle doit réfléchir l'image
naïve du monde qui se dépose dans le lexique au fil du temps.
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