Hébert, Louis : « Le référent, le parcours référentiel »

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Le parcours référentiel

    Comme nous l'avons dit, l'hyper-signe, ou « rectangle sémiotique », dégagé par synthèse des grands modèles du signe (monadique, dyadique et triadique) est constitué des termes signifiant, signifié, concept et référent. La dissimilation du signifié et du concept est effectuée dans certaines théories (cf. Rastier, par exemple).

    Cet hypersigne permet à la fois de réfléchir sur le parcours référentiel et sur l'impact pour le référent et ce parcours des opérations de classement et de décomposition sur le signe. Ce sont : la décomposition en termes et fonctions, le classement du signe, d'un terme ou d'une fonction, les relations de signe à signe (de tout à tout ou d'une partie d'un tout à une partie d'un autre tout) et du signe à une unité englobante (de partie à tout)). Montrons quelques-unes des questions que soulèvent ces opérations et relations.


Opérations et relations appliquées au référent

Opération ou relationExemples de questions soulevées
1décompositionLe référent est-il atomique ou décomposable (comme les sèmes décomposent le signifié) ?
2classementToutes les sortes de signes ont-elles un référent ? Les signes sans référent constituent-ils une classe de signe en soi ?
3relations inter-toutsFaut-il distinguer référent-type et occurrence ? Les relations entre référents sont-elles structurales (comme la valeur entre signifiés) ?
4relations tout - hyper-toutLe référent fait-il partie du signe (est-il intra-sémiosistique) ou du site du signe (le « contexte ») ?


    Abordons maintenant le parcours référentiel. Nommons pour nos besoins les principales fonctions qui peuvent former un parcours référentiel sur notre rectangle sémiotique : appelons F1 sémantisation, F2 conceptualisation, F3 référenciation. 2

    Pour simplifier, nous éliminerons les fonctions F4, F5 et F6. En effet, du point de vue du parcours de complexité maximale, l'hyper-parcours, nous considérerons que les parcours référentiels non tétradiques passent simplement sur des termes absents (et non pas vides).



2 Quelques justifications et explications : (1) sens et signification sont déjà pris en sémantique interprétative ; (2) Rastier (cf. 1989 et suivants) emploie pour F2 imagisation ; (3) mis à part un distinguo passager (cf. 1989) il semble utiliser indifféremment référenciation et référence. [POUR RETOURNER AU TEXTE]




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AS/SA nº 2 (11.1996), Article 1 : Page 4 / 6


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22.11.1996