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« Mais sa forme de représentation, l'image ne peut la représenter ; elle la montre [...] Dans l'image et dans le représenté quelque chose doit se retrouver identiquement, pour que l'une soit proprement l'image de l'autre. » (Wittgenstein, 1993 : 39) Tandis que l'image photo-cinématographique montre perpétuellement sa propre forme de représentation et s'inscrit dans le « train d'images » que réquisitionne le récit et au sein duquel elle oeuvre référentiellement, le récit, lui, participe d'une image de monde, d'une mimèsis. L'une et l'autre de ces images, celle de la photo-cinématographie et celle de la mimèsis, impliquent un statut pensitivement, intentionnellement semblable au monde qu'elles réeffectuent sous le couvert d'une représentation (c'est la forme même de l'image qui est montrée) de la représentation (c'est la forme documentaire ou fictionnelle du récit qui est montrée) et qui, en quelque sorte, retombe sur elle pour ménager des instants privilégiés de lecture. C'est le principe même de la vectorisation des images du récit qui est, par là, mis en évidence et c'est, par la même occasion, celui de l-image « vectorisée », c'est-à-dire celui de la mimèsis qui est convoqué. Empruntant l'analyse peircienne du signe et, plus loin, de la semiosis en la mettant en rapport avec la mimèsis ricoeurienne, l'on pourrait croire que la configuration correspond au signe (c'est le texte même ou le « texte-signe »), la préfiguration, à l'objet (c'est le monde réel et imaginaire par lui « rappelé »), la refiguration, à l'interprétant (c'est la lecture du texte à partir de son lien ou de son entretien avec le monde). Lorsque, donc, Paul Ricoeur songeait à une découpe de la mimèsis en trois temps, la préfiguration (la mimèsis I ou le monde réel et imaginaire), la configuration (la mimèsis II ou le texte-signe) et la refiguration (la mimèsis III ou la lecture du texte dans son rapport avec le monde), il souhaitait rendre compte du frai, de la réeffectuation, bref, de l'écriture des événements passés par le récit historique. D'où il appert que toute mimèsis, même historique, joue d'une nouvelle semiosis. La mimèsis, on l'a vu, produit une nouvelle congruence dans l'agencement des faits : c'est son but. La mimèsis, en produisant une nouvelle congruence dans l'agencement des faits, s'écarte du signe historique d'origine : c'est sa conséquence. Dans cet esprit, les termes posés de réeffectuation, de monde et de récit, exhibent cette problématique qui veut que toute mimèsis, même à caractère historique, passe par une nouvelle semiosis25. Ici, pas de remontée du temps, pas de remontée du mot dans la large figure du monde où choses et faits s'entretiennent, pas de garantie non plus quant à leur parfaite réeffectuation ou mise en mémoire. La référence, l'appel référentiel, ne constitue en elle-même qu'un récit, qu'un récitatif, qu'une convocation par lesquels les choses et les faits ne parlent pas d'eux-mêmes, mais sont parlés. Les choses, comme les faits, comme l'histoire, ne parlent pas elles-mêmes, mais sont sujets de nos discours. Ainsi, n'est pas lisible le pur « objet » ou la pure référence sans le récit qui le montre ou la parle, la fait voir en le faisant lire.
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