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L'image photo-cinématographique n'est donc pas moins vraie ou plus fausse que les images de la littérature. Elle impose seulement, non pas simplement, mais directement sa visibilité. Elle est comme le monde, mais elle n'est pas le monde. Au regard du monde, elle n'est que mimétique, mais elle s'inscrit dans une mimèsis, dans une nouvelle semiosis qui parle les faits même imaginaires du monde. Elle joue d'une poétique du récit filmique et c'est celle-là même qui, en la doublant, indique le parcours, fait « image », « punctum », sens, référence, en réeffectuant, en imaginant les faits portés du monde - comme on peut parler d'ombres portées. « Les situations, soulignait Wittgenstein, peuvent être décrites, non nommées. (Les noms [les référents] sont comme des points, les propositions [les références] comme des flèches [des parcours référentiels], elles ont un sens) [celui-là même induit par une sorte d'intentionnalité référentielle : mémorielle ou imaginante]. » (1993 : 43) C'est elle, cette pensée en écriture, cette forme montrée du récit qui est à l'origine de la schématisation ou de la réeffectuation des événements du monde dans le récit. Exprimer cela ainsi, ce n'est pas, d'évidence, exclure le fait que toute référence n'est jamais, comme on le sait, que textuelle. Elle s'attache perpétuellement au mouvement qui la lance, au site textuel donc ; elle se rattache au moins virtuellement aux autres sites textuels ; elle rappelle ou convoque du « réel » et, enfin, elle est le fait d'une écriture et d'une lecture du monde. Compte tenu de tout ce qui a été dit, il reste à voir ce qu'il y a de l'autre côté de la frontière, celle qui se situe hors du site du récit et qui a trait au référent, au « réel » ; il reste à le nommer ou à mieux en nommer les parts.
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