Eero Tarasti: "The Emancipation of the Sign: On the Corporeal and Gestural Meanings in Music" (2/11)
 
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Let us then suppose that the features of feminine culture are the result of woman's corporeality, and the recognition of its autonomy that which has been suppressed under the patriarchal order. In this light, "progress" would be the valorization of signs of feminine corporeality. Unfortunately this is very far from the other key idea, namely the artificial, deliberate construction of social reality. If women have been oppressed, it is now their turn to oppress the men and banish all the quasi-universal masterworks of patriarchal culture (like Beethoven's Ninth). This idea has a similarity with Marxism, which supposed that since the bourgeois class has always subordinated the workers, now it is time the latter transform themselves into a "dictatorship of the proletariat".
Therefore, basically the thesis is founded on a determinist and in some senses fanatical thinking, a thesis according to which it is gender which absolutely determines the whole human being. This cannot be dismissed arbitrarily, but at the same time one should recall what Merleau- Ponty writes in the chapter "Le corps comme être sexué" in his Phenomenology of Perception:
(La vie sexuelle) est ce qui fait qu'un homme a une histoire. Si l'histoire sexuelle d'un homme donne la clef de sa vie, c'est parce que dans la sexualité l'homme projette sa manière d'être au regard du monde, c'est-à-dire à l'égard du temps et à l'égard des autres hommes. Il y a des symptomes sexuels à l'origine de toutes les névroses, mais ces symptomes, si on les lit bien, symbolisent toute une attitude, soit par exemple une attitude de conquête, soit une attitude de fuite... et la question n'est pas tant de savoir si la vie humaine repose ou non sur la sexualité que de savoir ce qu'on entend par sexualité... Quand on généralise la notion de sexualité et qu'on fait d'elle une manière d'être au monde physique et interhumain, veut-on dire qu'en dernière analyse toute existence a une signification sexuelle ou bien que toute existence a une signification existentielle? Dans la première hypothèse l'existence serait une abstraction, un autre nom pour designer la vie sexuelle... mais comme la vie sexuelle ne peut plus être circonscrite, comme elle n'est plus une fonction separée et définissable par la causalité propre d'un appareil organique, il n'y a plus aucun sens à dire que toute l'existence se comprend par la vie sexuelle, ou plutôt, cette proposition devient une tautologie. Faut-il donc dire, inversément, que le phénomène sexuel n'est qu'une expression de notre manière générale de projeter notre milieu? (p. 185)
 
 
 
 


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21.12.1997