Le schéma discursif passionnel en tant que marque de maturation stylistique dans les mouvements symphoniques de Mozart *


Marta GRABOCZ
Université des Sciences humaines de Strasbourg

L'objet de ce texte est de présenter les résultats d'une modeste expérience que j'ai menée sélectivement sur un certain type de mouvements symphoniques de Mozart. Ces mouvements offrent un corpus, un macrotexte qui permettra de lier les oeuvres de jeunesse et celle de Paris-Mannheim à une des dernières symphonies, celle dite de « Prague ». Cette expérience embrasse les oeuvres écrites entre 1771 (Mozart avait quinze ans), 1777-1778 et 1786 (il en avait trente).
Ma démarche, selon la terminologie stylistique, se veut à la fois déductive et inductive. Elle est partie de l'analyse du deuxième mouvement de la symphonie de Prague, choisie comme oeuvre exceptionnelle en raison de son organisation fortement dramatique et comme celle qui prépare, avec les trois dernières symphonies (K.543, K.550, K.551), l'avènement du style presque romantique, celui du jeune Beethoven.
Ces derniers temps, dans mes analyses du style classique, je me suis surtout intéressée aux mouvements exceptionnels qui, à cause du fort contraste qu'ils présentent au niveau des pathèmes (des topiques, des affects, des signifiés), donc à cause de ce qui se passe au niveau de la forme du contenu, s'écartent quelque peu du cadre de la forme sonate. Cet « écart » serait interprété notamment comme une évolution téléologique, aboutissant à l'émergence d'une nouvelle valeur à la fin du mouvement, malgré les règles de réexposition prescrites par la forme sonate.
Dans ce texte je vais reprendre quelques définitions du style et de ses catégories, de ses composantes, afin de pouvoir rendre compte de cette recherche dans ces termes nouveaux.
Selon Georges Molinié, « Le style est le regroupement déterminé de stylèmes exprimant ou symbolisant des contenus constitués de données extérieures à la langue (ces contenus ne peuvent être, en l'occurrence, que les composantes d'une vision du monde, d'une culture) » (Molinié: 1994, 205).
Les stylèmes « sont des fonctions, des corrélations qui lient deux (au moins) éléments langagiers de nature quelconque » (Molinié : 1995, 9). « Ils les lient selon une modalité dynamique (=corrélation), les deux éléments étant un objet thématique à décrire d'une part, et une série finie de moyens (verbaux) les représentant, d'autre part » (Molinié : 1994, 204).


* Cet article a paru, sous forme polycopiée, dans les actes du séminaire postdoctoral « Musique et Style », vol. 2, Université Paris-Sorbonne, septembre 1997. [POUR RETOURNER AU TEXTE]

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21.12.1997