Marta GRABOCZ: "Le schéma discursif passionnel en tant que marque de maturation stylistique dans les mouvements symphoniques de Mozart" (4/13)

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Nicolas Meeùs propose, dans ses « Réflexions sur la sémiotique musicale à l'écoute de G. Molinié », de voir dans le concept du style « une confrontation avec une structure abstraite dont l'oeuvre est considérée comme une instance empirique. Ce qui est en jeu ici, c'est le lien de la parole à la langue ou, dans la terminologie de Hjelmslev, de l'usage au schéma, à la norme. [...] L'édifice langagier s'instaure par un saut conceptuel fondateur qui transforme l'expérience collective en un système immanent » (1995, 18).
Ce système immanent comporte deux plans :
« un plan grammatical qui régit la logique interne de la langue -- sa construction syntaxique tonale pour le style classique -- , et un plan sémantique qui régit son support au monde. Le style apparaît alors comme une dimension transversale, qualitative de chacun de ces deux plans. [...] Le style est [...] tout supplément de grammaticalité ou de sémanticité, à compter du niveau trivial » (Meeùs : 1994, 18-19).

Dans l'analyse que je propose, on essaiera d'examiner ces deux plans selon deux grammaires différentes : premièrement selon la grammaire de la construction obligatoire des mouvements symphoniques lents, à savoir l'analyse syntaxique, structurelle traditionnelle, et deuxièmement selon la grammaire des topiques, des affects, des pathèmes, s'il y en a. En ce qui concerne le plan de la sémanticité, celui-ci coïncide justement, dans le style classique, avec l'analyse faite à l'aide des topiques, des affects.
Ma démarche est la suivante : je voudrais vous présenter un « macro-texte », un corpus constitué de mouvements lents de symphonies ou de concertos de Mozart, écrits tous en Sol majeur. Une expérience antérieure d'analyse effectuée sur certains mouvements symphoniques écrits en Do majeur par Mozart (K.338 et K.503), m'a donné l'idée de vérifier l'utilisation éventuelle d'un même type de stylèmes apportés par le même cadre, la même orchestration, la même tonalité. Cette vérification des mouvements en Sol majeur m'a fait découvrir l'existence d'un même type de thème principal et de plusieurs éléments thématiques complémentaires, également proches les uns des autres, dans les cinq oeuvres retenues. En ce qui concerne le corpus, il s'agit de la Sinfonia en Ré K.111 (1771) -- mouvement lent « Andante grazioso » 3/8 (fl., hautbois, cors) ; de la symphonie dite de « Paris », K.297 en Ré majeur, (1778), « Andante » 6/8; Concerto pour hautbois et orchestre K.314 (1777), « Adagio ma non troppo » 3/4; Sinfonia ou Ouverture K.318 (1779), « Andante » 3/8; la symphonie de « Prague » K.504 (1786), « Andante » 6/8.






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21.12.1997