Marta GRABOCZ: "Le schéma discursif passionnel en tant que marque de maturation stylistique dans les mouvements symphoniques de Mozart" (9/13)

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En ce qui concerne l'organisation de ces éléments, leur fonction varie, pour la plupart d'entre eux, entre celle d'un élément thématique ou celle d'un élément cadentiel ou d'un élément de transition. La seule fonction qui se situe à peu près au même endroit dans les mouvements étudiés est la formule d'alternance de maggiore-minore d'un même motif. Elle se trouve dans la transition de K.314, K.318, et dans la cadence de transition de K.504. Tandis qu'elle joue un autre rôle important dans K.297: elle constitue le conséquent de la période du Thème 2 (maggiore-minore dans l'exposition et minore-maggiore dans la réexposition). Indépendamment des fonctions locales, le principe d'organisation globale semble coïncider , également, dans chacune des oeuvres. Presque toutes ces macro-formes correspondent à une forme « Andante » sans développement (la succession d'une exposition et d'une réexposition), en suivant les règles d'une sonate bipartite. Le principe de rondo caché est également un trait structurel commun (à l'exception toujours de K.504), car le thème principal est réitéré à la fin de chaque mouvement. Le K.318. est presque une forme rondo, car ce qui serait la partie du développement utilise le T1. Le K.111 est une forme très simple ABA à un seul thème et avec une modulation à la dominante au milieu (B). Le K.314 et le K.297 ont de vraies exposition et réexposition sans développement.
Pour conclure : les quatre premières oeuvres -- selon l'ordre chronologique -- ne révèlent rien d'exceptionnel, rien de « choquant », rien de personnel en ce qui concerne l'organisation interne des stylèmes évoqués, si ce n'est le jeu presque innocent avec le style sensible, avec le détournement dans le ton minore et la volonté soulignée de confirmer le thème principal « pastoral » à la fin des mouvements. A part ces deux caractéristiqes, l'enchaînement des stylèmes semble accidentel, occasionnel, leur succession n'est apparemment régie que par des règles de rapports tonaux, par les alternances des niveaux de tonique/dominante, etc.
Par contre, la symphonie « Prague » présente une structure, une concaténation qui dépasse de loin les autres dans deux domaines, à deux niveaux même -- tout en utilisant les mêmes types d'éléments, les mêmes stylèmes.






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21.12.1997