Averianova, Ekaterina: "La fonction de prêtre dans le cadre sémiotique"


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Cette communication de valeurs dans le contrat de base se rapporte au thème du « savoir sacré » et détermine l'activité du prêtre-Destinateur en tant qu'enseignant.
Le prêtre assume aussi le rôle du Destinataire par rapport au Destinateur immanent social. Par exemple, Yudhisthira et Numa, obéissant à la volonté de la société, ne renoncent pas au pouvoir royal. La série des contrats démontre que dans la compétence de prêtre en tant que Sujet de droit le changement de l'isotopie religieuse en isotopie politique a un caractère déontique :

Spv : I (R) (Id) ---> Spv : I (p2) (Id),

p2 est l'isotopie politique.


II. Modèle transcendant

L'examen des contrats auxquels le prêtre participe au niveau transcendant décèle deux types de communication transcendantale à partir de l'énonciateur : l'initiative communicative peut venir autant du prêtre, autant du Destinateur transcendant. Les programmes discursifs « prier », « assurer des fonctions religieuses » correspondent au thème fondamental __ qui est la « religion ».
Le programme discursif « prier » place le prêtre à la position d'énonciateur, le Destinateur-manipulateur initial. Prier quelqu'un, c'est « S'adresser à (Dieu, un être surnaturel) par une prière instante » (Petit Robert, 1527).
Les programmes discursifs « faire des offrandes », « consacrer le trophée », « faire des sacrifices » reproduisent la même structure communicative que celle de « prier » à cette différence prè : les premiers nécessitent, outre l'objet de valeur de base (prière comme un acte communicatif transmettant le savoir sur la vie profane codé en sacré), des objets matériels de valeur d'usage. La performance de base étant cognitive (prier) implique des performances d'usage de caractère pragmatique (consacrer un trophée, etc.).
Pendant les prières, le prêtre, comme le Destinateur initial de la communication, a un statut modal factitif. Son programme narratif suit la structure contractuelle de la manipulation (Pessoa de Barros 1977) :
S1 ---> [ S2 __ O1 ((O2 __ O3))],

où  O1 = /savoir/, O2 = /vouloir/, O3 = /Réalisation (PN de S2), S1= Dr, S2 = Dre.

A cette étape de communication la compétence de prêtre est constituée des trois composantes au stade d'actualisation : à côté du savoir-faire et du vouloir-faire on prévoit
  1. le faire-savoir (la factitivité cognitive),
  2. le faire-vouloir (la factitivité volitive)
  3. le faire-faire (la factitivité pragmatique) (Courtés 1982, 6-4).

Dans l'échange contractuel des valeurs le prêtre détient le vouloir et le savoir sur l'être, le vouloir-faire et le devoir-faire. En communicant cette valeur, il la garde, puisqu'il s'agit de la communication participative.
L'identité du prêtre se place sur l'isotopie volitive (Iv), et sa compétence se définit comme :

Vps : Iv (Id).

A cette étape de communication il agit en Sujet de quête qui peut subir une sanction (positive ou négative).
Après avoir être confirmé dans son identité par l'acte du pouvoir (ou du savoir), le prêtre se conduit en Sujet de droit, ce qui change sa compétence :

Spv : Is (Id).

La communication transcendante peut avoir un autre point de départ. Dans les contrats (p.20-23), le Destinateur transcendant prend l'initiative de la communication et transmet le programme à réaliser (une mission) au Sujet-Destinataire (ou au Sujet-opérateur), le dotant de la compétence. Cette série manifeste l'explicitation de toutes les étapes communicatives.






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1998.06.20