Ce numéro est un hommage au professeur Claude Gandelman décédé
à Haïfa en 1996. Né à Mautes en 1936, Claude Gandelman, après avoir
brillamment soutenu une thèse de doctorat d'état en littérature comparée sur Les
techniques de la provocation chez quelques nouvellistes et romanciers de l'entre-deux-guerres (Paris III, Université de Limoges), devint Professeur en sémiotique et
littératures comparées en Israël. Il travailla d'abord à l'Université de Ben
Gourion du Néguev à Beersheba, où il dirigea le Département de littératures
étrangères et développa les principes des études interdisciplinaires et sémiotiques.
Puis il se joignit à l'Université de Haïfa, continuant ses activités de chercheur,
assumant la direction du Département de langue et littérature françaises et de faire
avancer les études sémiotiques. En proposant de publier un article commémoratif
dans la revue Semiotica (Feigenbaum: 1997), Thomas S. Sebeok entérinait en
quelque sorte l'importance des travaux de recherche de Claude Gandelman, une
importance que Gérard Deledalle et Janice Deledalle-Rhodes de l'Association
Internationale de Sémiotique, soulignaient dans leurs allocutions commémoratives,
en insistant sur le fait que Claude Gandelman fut une autorité dans la sémiotique de
la littérature et de l'image.
C'est dans ce sens que les articles de ce numéro, fondés sur la journée
d'études « Littérature, Arts, Cinéma » organisée à la mémoire de Claude
Gandelman, apportent leurs contributions importantes aux recherches en sémiotique
textuelle et visuelle. S'il est vrai que la journée avait pour but de renouveler le contact
entre les collègues et les chercheurs travaillant dans les domaines préférés par
Claude Gandelman : la littérature comparée, la peinture et le cinéma, il n'en demeure
pas moins que l'on voulait évoquer le travail et approfondir la recherche autour de la
métastabilité. Ce thème caractérise l'ensemble des études faites par
Claude Gandelman, qui explique sa vision de la métastabilité dans plusieurs articles,
dont « The Multistability of Signs/Multistability as a Sign » et « Léonard de Vinci et la métastabilité
des formes » en 1979, « Philosophy as a Sign-Producing Activity : The
Metastable Gestalt of Intentionality » et « La métastabilité de la
conscience esthétique » en 1982, « Pour une vision « tri-dimensionnelle »
du carré sémiotique : la métastabilité du sacré » en 1983, « The semiotic
square as a 'catastrophe' en 1988 et « The Metastability of Primitive
Artefacts » en 1989 (cf. Gandelman, Oeuvre, ce
numéro). La théorie nous semble le plus clairement exposée dans
« Métastabilité, théorie de la catastrophe et la pensée de Sartre »
(1985e) et dans « Signes métastables », écrit en l'honneur de Thomas
Sebeok (1995b). Pour Claude Gandelman donc, la notion de métastabilité
désigne en premier lieu le renversement de forme et de sens qui se
produit quand notre regard fixe certaines configurations avec une
gestalt anti-dialectique, par exemple la figure bien
connue du canard-lapin (voir l'article de Gérard Deledalle, ce
numéro) et le cube de Necker.
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1. Dr. Susanne Feigenbaum, directrice du Département de langue et littérature françaises, Université de Haïfa, 31905 Haïfa, Israël. E-mail: suzanf@research.haifa.ac.il
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2. La journée d'études fut organisée le 6 mai 1999 en la présence de Tsili Doleve-Gandelman,
d'Emmanuel Gandelman, de Moshe Barash, et des amis de la famille. Le Doyen de la Faculté des Lettres Joseph Chétrit,
le Vice-Président de l'Association Internationale de Sémiotique Gérard Deledalle et le Directeur Adjoint de l'Institut Français
de Tel Aviv Jean-François Chénin donnèrent une allocution à la mémoire du Professeur Claude Gandelman. Nous voudrions
remercier tous les participants sans lesquels l'événement n'aurait pas eu sa véritable portée (dans l'ordre du programme): Bet
Hallahmi, Benjamin (Univ. de Haïfa), Friedman, Régine Mihal (Univ. de Tel Aviv), Michel, Jacqueline (Univ. de Haïfa), Yacobi,
Tamar (Univ. de Tel Aviv), Deledalle-Rhodes, Janice (IRSCE Perpignan), Mendelson, David (Univ. de Tel Aviv), Sicher, Efraïm
(Univ. Ben Gourion de Beersheba), Levinger, Esther (Univ. de Haïfa), Barash, Moshe (Univ. Hébraïque de Jérusalem), Elata,
Gerda (Univ. Ben Gourion de Beersheba), Zelechow, Bernie (Univ. York, Toronto), Shapira, Charlotte (Technion, Haïfa), Flinker,
Noam (Univ. de Haïfa), Bat-Zeev Shyldkrot, Hava (Univ. de Tel Aviv), Zinguer, Ilana (Univ. de Haïfa), Gérard Deledalle (Univ.
de Perpignan). Nous aimerions souligner que les articles constituant ce numéro ont été choisis pour leur spécificité et leur intérêt
du point de vue de la recherche en sémiotique.[RETOUR]
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