Susanne Feigenbaum : « Présentation du numéro »


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Ensuite, il l'applique à tous les phénomènes dont le sens oscille entre deux pôles antithétiques, susceptibles d'être comparés à la théorie de la catastrophe.

Dans le domaine du langage, on pense à l'ironie et à l'oxymore, mais aussi à certaines expressions qui engagent notre savoir culturel. Claude Gandelman étudie l'effet du primitif et du sacré dans ses articles sur les artefacts et consacre un temps considérable aux manifestations de ce qui exprime le terme freudien unheimlich. Il s'agit d'une sémantique exprimant le contraire du référent, souvent accompagné d'une dénégation au sens inverse. Traduit par Claude Gandelman par « l'étrange et l'inquiétant », ce concept est entamé non seulement dans le livre Littérature et Folie (1989) mais dans quelques articles, tels que (1983c), (1988d) et (1997a). Ajoutons que l'approche psychologique est fréquemment pratiquée par Claude Gandelman, par exemple dans ses articles sur les cartes anthropomorphes (1979d, 1984c, 1984e, 1987d, 1992c).

Un autre domaine de la métastabilité où on observe ce « va-et-vient » perpétuel sans synthèse et sans fin est le renversement textuel. On le rencontre dans les oeuvres majeures de notre civilisation, de l'Oedipe Roi jusqu'aux créations de ce siècle, à travers la question du roi et du soldat « criminel ». Retenons également que la métastabilité touche également la production artistique même, car l'artiste extrapole sa création et s'identifie avec elle en même temps. Gandelman (1995b: 503) aborde ce problème à propos de l'Imaginaire de Sartre, montrant que l'écriture bascule entre déréalisation et réalisation.








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AS/SA Nº 8, Introduction : Page 2 / 4


© 1999, Applied Semiotics / Sémiotique appliquée

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1999.12.04