Ekaterina Averianova : « Le devenir d'un saint »

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Épreuve qualifiante

Dumézil, dans Mythe et Épopée. I, décrit l'activité des prêtres. Définissons cette activité sémiotiquement, en partant du rôle thématique du prêtre. Précisons le thème de la fonction supérieure comme une « souveraineté magique. » La religion est définie dans le Petit Robert comme « un ensemble d'actes rituels liés à la conception d'un domaine sacré distinct du profane, et destiné à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu. »

La définition de la « magie » nous paraît aussi importante : « ensemble de procédés d'actions de connaissances à caractère secret, réservé » (Petit Robert).

Les thèmes religieux et magique font ainsi voir l'opposition entre le savoir sacré et le savoir profane, le premier étant à la base du second.

Chez Dumézil, le prêtre participe à deux contrats de niveaux différents. Au premier niveau, dans le contrat social, le prêtre s'adresse au Destinataire immanent, social (c'est-à-dire à toute la société trifonctionnelle). Cette activité du prêtre représente un enseignement. Au second niveau, dans le contrat transcendant, le prêtre s'adresse à Dieu. L'initiative (communicative) peut venir du prêtre comme du Destinateur transcendant. Le prêtre, en s'adressant à Dieu, recourt à la prière. Le programme discursif « prier » place ainsi le prêtre dans la position de l'énonciateur, le Destinateur-manipulateur initial :

Prier — « s'adresser (à Dieu, un être surnaturel) par une prière instante » (Petit Robert).

L'ermite participe à deux contrats : il prie, perçoit la parole de Dieu et il transmet son savoir à la société. Notons que dans le texte présent c'est le contrat social qui attire le Sujet.








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AS/SA Nº 9, Article 2 : Page 4 / 8


© 2000, Applied Semiotics / Sémiotique appliquée

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2000.06.19