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Conseils pour la composition (1)


Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci -- FRE 180Y (LO301)



Définition | Organisation | Introduction | Développement | Conclusion |
Personnelle | Plagiat | Style | Expression | Langue |
Récit | Connecteurs | Répétitions | Connaissances | Point de vue | Spécificité | Un bon test |




   Une composition (ou un essai) est une réponse personnelle, organisée et argumentée à un sujet précis. Il vous est interdit de modifier la règle du jeu et de:


   Pour respecter le sujet, fixez les buts de votre travail en écrivant une phrase commençant ainsi: « Je vais dire que... » « Je vais montrer que... ». Comparez cette phrase au sujet que l'on vous a assigné. Assurez-vous de la compréhension du sujet et recopiez l'intitulé en entier sur la page de garde de votre travail.

   N'oubliez pas que vous êtes censé-e respecter les consignes qui vous sont données: marges, sauts de ligne, nombre de pages, utilisation d'exemples particuliers... Les travaux incorrectement édités (marges, lignes sautées...) seront incorrectement corrigés. Il est INUTILE et DANGEREUX d'écrire un travail plus long, même si vous en êtes capable. L'idée principale est d'arriver à écrire une quantité demandée avec beaucoup d'attention, mais de qualité supérieure à un travail plus long. Par contre, vous devez respecter l'organisation générale de toute composition.

  1.  
  2. La composition est organisée

      Le sujet pose une question à laquelle vous devez répondre dans des formes attendues et reconnaissables: il faut pour ceci un petit peu de méthode.

      Il ne suffit pas que votre composition ait l'air d'être organisée: il faut qu'elle le soit. C'est pourquoi il est utile de faire un plan (outline), un schéma, un guide avant de commencer à écrire. Le plan est comme une progression, une route qui rejoint les points principaux, pour la personne qui vous lit: cette personne rencontre différents aspects du problème traité à mesure de sa lecture, de sa progression dans la découverte de votre texte.. Il est donc impossible de tromper son lecteur, puisque celui-ci découvre et suit la route que vous êtes en train de tracer pour lui. Si vous n'emmenez votre lecteur nulle part, il se perd, il ne comprend plus rien et il est frustré. Bien sûr, ce plan vous permet à vous de ne pas vous perdre, de rester ordonné-e quand vous écrivez le devoir. C'est à cause de cette structure organisée (composée) que l'on appelle ce genre de travail une composition.

      Le plan permet aussi de découper votre raisonnement et vos idées par thèmes, par aspects différents. Chaque partie montre que votre pensée avance et évolue par rapport au passage précédent. C'est au plan que l'on voit si vous dominez ce que vous dites ou si vous dites un peu n'importe quoi selon l'inspiration du moment. C'est aussi en considérant le plan que l'on juge de la pertinence des répétitions lorsqu'il y en a.

      Vous devriez être capable de résumer en une phrase chaque paragraphe de votre devoir. Si le résumé ne correspond pas au message principal du paragraphe, c'est que le paragraphe doit être coupé ou réorganisé. Chaque paragraphe se termine par une phrase de synthèse qui « résume>> de cette manière le passage correspondant. Un paragraphe ne dit pas « tout » sur un sujet, il présente seulement un aspect du sujet concerné.

      Il y a aussi des transitions entre les paragraphes, comme pour indiquer les oppositions, les différences, les contrastes, les complémentarités, les conséquences... entre un passage et ce qui précède:

    * « Mais d'un autre côté... »
    * « Il ne faut pas oublier que... »
    * « Bien sûr, il faut considérer d'autres aspects complémentaires... »
    * « Si l'on aborde la question sous un autre angle... »
    * « Malgré tout ceci, ... » ...

      Ceci n'empêche pas d'avoir aussi recours à des marqueurs de logique de l'argumentation (ou connecteurs) à l'intérieur de chacun des paragraphes:

    « Mais... »
    « Par contre... »
    « Cependant... »
    « De ce fait... »
    « C'est pourquoi... »...

      Vous trouverez un guide simple et utile de ces expressions à la fin (ou au milieu dans la dernière édition - voir les pages centrales bleues p.28-35 et p.64-71) de votre dictionnaire bilingue Robert-Collins. Ce sont des trucs pratiques et efficaces pour introduire une idée de manière plus forte, donner de la dynamique à votre travail, trouver un développement quand vous n'avez pas beaucoup d'idées, ou simplement pour « allonger la sauce ».

    1.   L'introduction introduit le sujet comme il vous est posé (citation principale, thème...). Elle se compose de plusieurs étapes:

      •   Essayez dans une première phrase d'attirer l'attention, d'éveiller l'intérêt de votre lecteur - par exemple en présentant une courte anecdote, un aperçu historique du problème, un trait frappant, paradoxal ou original.

      •   Il faut ensuite poser le sujet. Dites pourquoi il vous intéresse personnellement si vous voulez.

      •   Il faut enfin annoncer l'ordre de ce que vous allez aborder, mais sans dire intégralement tout ce que vous direz. Ici, il ne s'agit pas de donner un résumé, mais simplement de préparer le lecteur à ce qu'il va rencontrer. C'est-à-dire que vous ne devez donner que votre plan. Donnez donc seulement les thèmes, les étapes de votre étude: comparez cela à l'annonce d'un film d'action, où l'on voit les scènes principales, mais pas tout le film.



    2.   Le développement doit être varié et présenter une vue générale du problème posé: vous ne pouvez pas ne donner qu'un seul point de vue, même si c'est le vôtre. On attend un débat, une énergie dans la démonstration, un peu de polémique: signalez rapidement qu'il y a d'autres visions possibles que celle que vous favorisez.

        En général, on conseillait autrefois trois parties:

      1. 1. Le pour
        2. Le contre
        3. La synthèse


        Mais en fait, il n'y a pas de recette absolue. Parfois deux parties suffisent. Le meilleur plan est celui que l'on peut trouver dans la question posée, dans la dynamique des termes qui vous sont proposés et que quelqu'un a jugés plus pertinents que d'autres.

        Si vous vous obligez vraiment à faire un vrai plan, vous éviterez de vous perdre dans la passion de vos propres idées, ou dans le désordre des faits que vous voulez tous présenter. Le plan vous aidera à sélectionner les choses importantes et les points inutiles ou superflus. Il vous forcera à présenter des opinions différentes de la vôtre. Quelle que soit la position que vous présentez, défendez ou attaquez, il faut toujours l'expliquer et la justifier, signaler quelle est son origine et pourquoi elle est légitime.

        Idéalement, il faut essayer de montrer un peu de « culture » pour exemplifier certaines remarques à vous. Les références de ce genre apportent avec elles la caution de leur origine: c'est à vous de voir s'il est pertinent de citer un proverbe, une chanson du Top 50, un poète latin, un scientifique oublié ou un romancier existentialiste. Un petit nombre de citations bien choisies sont toujours les bienvenues (le Petit Robert en donne plusieurs à chaque mot). Cette manifestation de la « culture »; culmine dans l'essai littéraire qui s'appuie principalement sur des citations habilement sélectionnées pour le grand intérêt que certains leur accordent. Rappelez-vous qu'un bon exemple bien expliqué ou bien présenté vaut mieux que de longs discours.

        Nous vous conseillons:

      1. AMON, Évelyne et BOMATI, Yves. Vocabulaire pour la dissertation. 400 mots-clés pour la dissertation française et l'explication de texte, Paris, Larousse, 1992, 301p. [ISBN 2038000166. $10.95].



        Utilisez aussi un bon dictionnaire (Le Petit Robert) pour vous aider à trouver toutes les nuances exactes du sujet, du thème, les aspects auxquels vous n'avez peut-être pas pensé et qui peuvent vous permettre de faire rebondir votre travail. Dans certains dictionnaires vous trouverez, en plus des exemples et des citations, des explications de nature encyclopédique (personnages célèbres, courants philosophiques et littéraires, connaissances communes autour d'une notion...

    3.   La conclusion ne doit pas répéter ce que vous avez développé, mais souligner les principaux aspects du problème que vous avez présenté. Il faut y ajouter une perspective plus générale, qui signale pourquoi cette question est intéressante. La conclusion montre qu'il y a eu une évolution dans votre présentation, puis explique pourquoi cette évolution a une valeur (pour vous, pour le monde...).



  3. La composition est personnelle

      Il ne vous est pourtant pas permis de

    1. - changer le sujet
      - dire ce que quelqu'un d'autre a dit sans le-la nommer (plagiat)
      - d'inventer des mots, de changer leur usage...


      C'est-à-dire qu'elle exprime des idées personnelles, des vues à vous. Par contre, vous devez les justifier. De la même manière, quand vous citez les idées d'autres personnes, vous avez le droit de les contredire, mais avec un esprit de justice pour leur auteur. Il faut toujours, quelles que soient les circonstances, attribuer les idées, les citations, à leur propriétaire légitime. On peut vous accuser de plagiat (plagiarism) si vous ne le faites pas.

      Une note qui a circulé dans les départements d'anglais et de théâtre d'Erindale en 1994 dit:

    1.   Because plagiarism violates the essential principles of this or any university, it may be punished by suspension or expulsion from the University (see the section on Discipline in the Faculty Calendar). If the following explanation of plagiarism and other matters of academic ethics leaves you with any questions, you should consult your instructor.
        Plagiarism (derived from Latin « plagiarius » kidnapper') is the act of presenting the ideas or words of another as your own. While it may be argued that few ideas are original, instructors expect students to acknowledge the sources of ideas and expressions that they use in essays. To represent them as self-created is dishonest and academically worthless.
        You may quote or paraphrase another writer if he or she has stated an idea strikingly, as evidence to support your arguments or conclusions, or as a point against which to argue, but such borrowing should be used sparingly and always indicated in a footnote or endnote. [...]
        To provide adequate and accurate documentation is not only an indication of academic honesty but also a courtesy enabling the instructor to consult your sources with ease. FAILURE TO DO SO CONSTITUTES PLAGIARISM.
        All work submitted by students must be their own work. Students are not allowed to cooperate in the preparation of work submitted for a mark without the explicit permission of the instructor. When a piece of work has been submitted for credit in one course it may not be submitted for credit in another course.



      Si vous avez le moindre doute sur cette question, vous devez consultez votre professeure ou votre registraire. Vous êtes, a priori, considéré-e comme étant au courant de cette question.

    1. Le style

        La composition exprime vos idées dans un style que vous pouvez choisir, mais qui doit rester du style écrit (formal as opposed to spoken). Il faut utiliser un vocabulaire modérément soutenu, faire des efforts d'expression. Bien sûr, il faut utiliser un dictionnaire et une grammaire pour être correct grammaticalement. On exclue de la composition les exclamations gratuites, les phrases à forte subjectivité orale telles que « C'est ça que je veux dire », « moi je pense que », « je vais dire que... »...   Le pronom « ça » fréquent à l'oral, est bien souvent à remplacer par « cela » son équivalent écrit. Il faut utiliser un vocabulaire soutenu, faire des efforts d'expression (pas de « chouette » « chum » « O.K. »...). Bien sûr, il faut utiliser le dictionnaire et la grammaire pour être correct grammaticalement et respecter la situation formelle de l'essai (évitez les mots marqués pop. fam. arg. vulg. dans le Petit Robert ou *, **, *** dans le Robert-Collins).

    2. L'expression

        Il faut pourtant essayer de présenter vos idées sans dire « MOI, JE>> à tout moment, donc varier les manières de présenter les opinions:

        * Exemples:

      « Il nous semble/apparaît que... »
      « Selon nous... »
      « D'après nous... »
      « À notre avis... »
      « Si l'on en croit X... »
      « Nous pensons/croyons que... »
      « Il s'avère que... »
      « Nous pensons pouvoir dire/soutenir/observer... »
      « Nous remarquons/notons/voyons que... »

        L'utilisation de « nous » de « on » des tournures impersonnelles ou du passif est bien pratique (reportez-vous à votre grammaire pour des indications plus amples sur ces structures).

        Ceci veut dire que vous pouvez manifester un minimum de passion, dire que le sujet vous plaît, pourquoi il vous intéresse. Une bonne composition se travaille, mais les meilleures montrent un peu de passion.

    3.   Attention aux problèmes de langue courants

      1. la structure des verbes courants à propos desquels vous avez des difficultés

        Exemples:

        dépendre DE,
        s'intéresser À,
        croire Ø quelque chose,
        épouser Ø quelqu'un,
        se marier AVEC,
        sembler Ø être,
        penser À...

        CECI EST PRÉCISÉ DANS TOUT DICTIONNAIRE RESPECTABLE.

      2.   les noms qui vous posent problème à cause de leur genre

        Exemples:

        LE problème, LA nation, UNE identité, UN esprit...

          CECI EST PRÉCISÉ DANS TOUT DICTIONNAIRE RESPECTABLE.

      3.   les conjugaisons (voir le BESCHERELLE).

      4.   l'orthographe (voir le dictionnaire).

      5.   les points de grammaire élémentaires (voir le TOP 30).


        Nous vous conseillons:

      Dans les dictionnaires bilingues:

      1. The Collins-Robert French Dictionary -- French-English English-French Dictionary, Paris-Toronto, Collins & Dictionnaires Le Robert. [ISBN 2850360880]



      Dans les dictionnaires français:

      1. Le Robert méthodique ou Le Petit Robert 1. Paris, Dictionnaires Le Robert. [ISBN 2850360309]



      Dans les dictionnaires de conjugaison:

      1. Le Nouveau Bescherelle - 1. L'art de conjuguer - Dictionnaire de 12.000 verbes. Québec, Hurtubise H.M.H. Ltée., 1980. [ISBN 2218016605]



      Dans les grammaires:

      1. Jacqueline Ollivier. Grammaire française, 2e édition, Laval, Études vivantes, 1993. [ISBN 2760705250]


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GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 28 juillet 1996. Mis à jour le 29 septembre 1999.