

Cours n°10
Histoire : 1848-1871. Le Réalisme
Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci
-- FRE 180Y (LO301)
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COURS N°10
Histoire : 1848-1871. Le Réalisme
Période douloureuse et sanglante pour le
peuple, c'est une période favorable aux bourgeois. La
littérature réaliste qui se développe illustre
bien ce contraste.
- 1848
- Année de grand changement. Crise
économique et morale dans le pays. Une réunion
populaire est interdite (l'armée tire sur le peuple) et
conduit à la Révolution des ouvriers : un
gouvernement socialiste vient au pouvoir : abolition de
l'esclavage, suppression de la peine de mort... Les petits
bourgeois mécontents font une campagne qui aboutit :
le nombre des électeurs passe de 240.000 à 1M.
- 1851-1870
- Le Second Empire (très autoritaire).
Napoléon III, du « parti de l'ordre »,
est élu président. Il usurpe le pouvoir et institue
un régime politique autoritaire (emprisonnement des
opposants [exil de Victor Hugo], contrôle de la
presse, interdiction du droit de grève), fortement
capitaliste. Napoléon III devient empereur et fortifie son
pouvoir personnel, avec une certaine popularité
(malgré l'opposition déterminée des
libéraux). Il a du succès dans la guerre contre la
Russie, entreprend des grands travaux dans Paris (Haussmann
crée de larges avenues à travers la ville),
développe les grands travaux nationaux (chemin de fer).
Période de progrès matériel et scientifique
qui contraste avec une grande misère sociale.
- 1857
- Parution des Fleurs du Mal de Baudelaire et
de Madame Bovary de Flaubert : les deux auteurs sont
jugés pour immoralité.
- 1858
- Attentat contre Napoléon III. Le
mécontentement grandit dans le pays et le Second Empire
devient plus libéral.
- 1864
- La Première Internationale socialiste est
créée. L'esclavage est aboli aux États-Unis.
- 1867
- Le Dominion du Canada est créé.
- 1870-1871
- Guerre contre l'Allemagne : l'Allemagne
essaie d'obtenir le trône d'Espagne. La France se sent
menacée, déclare et perd la guerre en deux mois. Les
Allemands envahissent le pays et assiègent Paris pendant
cinq mois. Chute de Napoléon III. La France perd des
territoires et un grand pessimisme envahit le pays. La France ne
se libère qu'en 1873.
Les royalistes gagnent les élections (400
sièges contre 200) : le peuple de Paris se
révolte et le président envoie 100.000 soldats qui
massacrent les résistants dans Paris pendant trois mois
(20.000 morts). La France revient à un régime
parlementaire.
Le réalisme
Exactitude de la description de la
réalité, qui est observée méthodiquement
(endroits, costumes, coutumes, langage...). Importance des groupes et
des familles : le héros est souvent le
représentant de tout un groupe social. Grande exactitude
historique et sociale. S'intéresse beaucoup à la
société, aux problèmes sociaux
d'actualité (misère, maladie, boisson, moeurs
marginales, importance des ouvriers, difficultés des petits
bourgeois, aisance des grands bourgeois...). Fascination pour la
science exacte et la biologie des espèces.
Le réalisme observe tous les milieux sociaux,
toutes les situations (à comparer au journalisme).
Volonté d'objectivité physique et morale, même si
le sujet est scabreux ou choquant. Apprécie les grands cycles
romanesques, le pathétisme et l'édification morale.
Style objectif (pas de jugement de l'auteur) où
le roman semble sortir de l'esprit des personnages. Abondance des
descriptions, exactitude du parler (régional, social...).
Zola définira un réalisme plus
dur : le naturalisme. La pratique du roman réaliste, plus
que l'idéologie réaliste, va fonder un canon pour la
fiction moderne, qui va évoluer à partir de ce
modèle fort. Le livre devient une marchandise dans un
marché ; les auteurs publient beaucoup par
épisodes, dans des journaux populaires ; les très
grands succès apparaissent.
- Honoré de Balzac : [1830-1850] La
Comédie humaine, un très grand cycle de
fictions (environ une centaine de romans) qui se centre sur une
population imaginaire de Paris et de la Province, de plusieurs
origines sociales (quelques personnages principaux, 3.000
secondaires). Étudie l'homme comme une espèce
animale. Veut tout analyser et tout représenter, car tout
à un sens. Balzac définit par sa pratique le canon
du roman.
- Gustave Flaubert : [1857-1880] critique les
excès et les ridicules de la bourgeoisie qui rend les gens
malheureux et bêtes. (Madame Bovary [gagne son
procès pour immoralité, en 1857],
L'Éducation sentimentale [1869], Bouvard
et Pécuchet [1880]). Il aborde parfois des
thèmes exotiques dans un esprit réaliste
(Salammbô [1862], Trois Contes
[1877], La Tentation de Saint Antoine
[1874])
Flaubert lit beaucoup de sources pour se renseigner
sur les milieux de ses romans : « vous faire sentir
presque matériellement les choses que je
reproduis ». Il récrit des dizaines de fois ses
romans avant d'arriver à une sorte d'impersonnalité
objective du style. Travaille la manière de raconter et les
points de vue.
- Les frères Goncourt : [1860-1870] une
dizaine de romans. Basés sur les enquêtes sur place,
la collection des documents sur des événements
contemporains. Abordent parfois la pathologie mentale.
- Émile Zola : en 23 romans [1867-1901]
donne toute l'histoire d'une famille, Les Rougon-Macquart,
« histoire naturelle et sociale d'une famille sous le
Second Empire ». Zola décrit tous les milieux
(les mineurs, les banquiers, les prêtres, les
commerçants, les ouvriers, les médecins, les
artistes, les paysans...) et leurs problèmes
héréditaires. Il applique une méthode
scientifique-journalistique exacte dans le roman (enquête
sur place, constitue des dossiers de documents...) ; pourtant
ses romans ont souvent une dimension mythique, imaginaire,
symbolique qui n'a rien à faire avec le réalisme.
Auteur polémique : il s'engage en
politique (Affaire Dreyfus) ; pour les artistes
scandaleux.
- Alphonse Daudet : [1870's] Beaucoup de nouvelles,
quelques romans assez mauvais. Le Petit Chose, Les
Contes du Lundi, Tartarin de Tarascon, Lettres de
mon moulin. Réaliste modéré avec de
l'humour et de la poésie, souriant et pathétique
même dans l'ironie.
- Maupassant : [1880's] 300 nouvelles, 6 romans.
Une Vie, Bel-Ami, La Maison Tellier.
Maupassant observe surtout les petits faits que personne ne
considère ; histoires souvent pessimistes et noires,
en province ou à la campagne. Écrit beaucoup de
contes fantastiques.
- Jules Verne : [1860-1880] romans de science
fiction où tout est justifié et expliqué de
façon « scientifique ».
GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 25 juillet 1996. Mis à jour le 8 mars
1999.