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Cours n°6
Histoire : 1637-1715. La littérature classique


Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci -- FRE 180Y (LO301)



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COURS N°6
Histoire : 1637-1715. La littérature classique

 

1637
  Descartes : Discours de la méthode. Se débarrasse des autorités anciennes. Méthode objective pour arriver à la vérité morale selon la raison et la volonté consciente. L'instinct et les sens (passions) sont trompeurs. Le théoricien de l'ordre (social politique, naturel).

 

1661-1715
  Règne personnel de Louis XIV. Monarchie absolue de droit divin (responsable devant Dieu seul) : « L'état, c'est moi ». Maîtrise la noblesse en faisant construire Versailles. Renforce le catholicisme d'état (chasse aux Protestants (dragonnades), libertins, Juifs, Jansénistes...). Officialise la littérature par des pensions. Absolutisme dans tous les domaines.

 

1660-1680
  Ministère de Colbert. Favorise la marine, l'agriculture, l'industrie et le commerce (protectionniste). Ramène tout les secteurs d'activité au pouvoir du Roi. Favorise la « peuplade » des colonies (Canada). Colbert essaiera de lutter contre les dépenses royales, ce qui amènera sa chute.

 

1675-1715
  Querelle des Anciens et des Modernes. Énorme querelle entre :

(1) Les Anciens, conservateurs qui veulent imiter la perfection de l'Antiquité (le clergé, les nobles de la cour, qui vieillissent et perdent du pouvoir) ;

(2) Les Modernes, progressistes (plus jeunes, Parisiens et mondains, parvenus). Les Anciens les ennuient parfois, ont des erreurs reconnues, ne sont que des autorités.

Faut-il adopter la mythologie ou le merveilleux chrétien ? Le latin ou le français sur les monuments ? L'Antiquité est-elle un âge d'or ?
  Les Modernes l'emportent en 1715 : le public apprécie moins les antiques ; victoire du progrès et du relativisme : l'Antiquité cesse d'être vue comme un idéal de perfection formelle et idéologique. Nouvelles formes.

 

vers 1675
  Guerre de Hollande. Nombreuses conquêtes françaises. Grandes émeutes populaires sévèrement réprimées.

 

1680
  La Comédie française.

 

1685
  Révocation de l'Édit de Nantes.

 

1694
  Dictionnaires (Académie, Furetière, Bayle). Logique et grammaire de Port-Royal.

 

1700-1715
  Guerre de la Succession d'Espagne. Misère extrême du pays (la France a perdu la moitié de son trésor et a des dettes colossales). La cour devient triste et austère (deuils de Louis XIV). La France perd plusieurs territoires au Canada. La noblesse provinciale est très apauvrie ; les bourgeois commerçants sont riches.

 


  Versailles (1661) : Paris compte 500.000 habitants et 20.000 immeubles ; 12 cours des miracles ; ville fétide et sale, encombrée - Louis déménage à Versailles (avec 8.000 domestiques) et agrandit (36.000 ouvriers) [les travaux coûtent 70 millions or]. Architecture organisée autour des appartements du roi.

  Esclavage doré de la noblesse de cour (« grâces », petit lever, entrées, tabouret...). Jeu d'argent, divertissements somptueux, apparat et mode, souci d'être vu. Culte du roi. Messe de Versailles. Molière et les « Grands divertissements royaux ». Vie très solennelle, très réglementée (étiquette). Parc classique à la française (Le Nôtre) ; bassins ; effets spéciaux. Mélange de luxe et d'inconfort, de richesse et de promiscuité, de saleté. et de grâce.

 


Le Classicisme

 

  Public très restreint et fermé (2.000 exemplaires). Correspond à l'idéal de « l'esprit français » (clair, construit sur la raison) : crée le modèle dominant pour le siècle suivant.

  Mouvement parisien, centré sur la cour, propre à l'époque de Louis XIV. Classifie, codifie, régularise (tous les domaines : le vrai=le beau). Démontre la prépondérance de la monarchie absolue : obligations et devoirs qui vont avec le pouvoir ; devoirs envers la famille, la patrie. Critique les moeurs et les caractères (hypocrisie, fausse dévotion, vices, imposture des faux savants...) ; s'appuie sur les traits généraux de l'individu (contre le culte du moi et pour la collectivité).

  Règles : contre le spectaculaire et pour les règles. Au théâtre, règle des trois unités (un lieu et un décor [voyages, combats, morts se passent en coulisse], maximum de 24 heures, une seule action) ; cinq actes à peu près égaux, unité de ton, plan de l'intrigue net [exposition-noeud-dénouement], les scènes secondaires préparent les grandes scènes (sommets dramatiques) ; vraisemblance et simplicité (peu de personnages) ; pureté et clarté du style (équilibre de la période, style oratoire) ; respect impératif de la bienséance (thèmes, vocabulaire) ; volonté d'instruire et de divertir en même temps.

 

  1. Théâtre : (favorisé par Richelieu, puis Louis XIV).

    Corneille (1635-1675) : tragédies romaines sublimes qui provoquent l'admiration morale. Épreuves et dilemmes compliquent l'action. Maîtrise des passions, problème du bien politique.

    Racine (1665-1685) : tragédies historiques ou mythologiques. « Peu de matière » (action simple), peu de trucs, vocabulaire et imagerie très pauvres. Force du destin (fatum), pathétisme, réfléchit sur les contradictions d'un type humain (héros faibles).

    Molière (1655-1673) : comédies. « Corriger les hommes en les divertissant », « attaquer par des peintures ridicules les vices du siècle ». Reprend le schéma de la farce populaire (situation avec renversement final), ses types, son exagération - mais la place dans un milieu contemporain plus élevé. Excelle dans les quatre formes du comique (de mots, de caractère, de situation, de gestes).

     

  2. Les genres brefs :

     

    1. La fable : La Fontaine (grande variété des thèmes et des sources, de langage. Thèmes sociaux forts).

       

    2. Le conte : La Fontaine (érotiques), Perrault (enfantins, Contes de ma Mère l'Oye).

       

    3. La nouvelle : Mme de La Fayette (thèmes amoureux d'actualité).

       

    4. La lettre : Mme de Sévigné (chronique de la cour, des faits divers envoyée à sa fille). Roman épistolaire (Lettres portugaises, par le secrétaire du roi)

       

  3. Le courant moral et religieux :

     

  Paradoxe : Louis XIV aime le Baroque (plus sensuel, plus élégant, plus riche). Vogue de la tragédie galante (inverse de la tragédie classique : le héros qui choisit la passion est brisé à cause de son amour) ; de la comédie costumée en musique.


GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 25 juillet 1996. Mis à jour le 8 mars 1999.