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Après la codification formelle et rhétorique du XVIIe siècle, on assiste, pendant le siècle des Lumières, à de grands bouleversements qui touchent surtout le statut et le contenu thématique de la littérature.
L'attitude qui domine est celle de détruire les préjugés et d'arriver à une pensée littéraire plus juste (plus de science et d'éthique, moins de religion et de morale), aussi à plus de sensibilité. Beaucoup d'ouvrages sont jugés subversifs et doivent être publiés à l'étranger. Après la domination classique, c'est le retour d'une certaine fantaisie, d'une liberté encore plus intellectuelle qu'imaginative. La littérature anglaise (Shakespeare, Richardson) devient à la mode. Le roman est le genre le plus marquant et le plus mobile : d'abord à propos de l'ascension ou de la formation d'un individu particulier, il prétend au milieu du siècle à une vérité philosophique
La littérature se diffuse principalement par les salons littéraires (nobles), dans les clubs (bourgeois et masculins) et aussi dans les cafés de Paris (populaires), par le colportage et par les premiers journaux littéraires. La littérature a énormément de liens avec les autres arts (musique, peinture, opéra).
Période de l'ode lyrique (poème régulier) qui fait l'éloge d'une institution, d'une personne, d'un art. La poésie reste utilitaire et assez médiocre dans la première moitié du siècle.
* André Chénier (1780-90's) :
Poète passionné, en liberté,
admirateur de la Grèce, engagé dans la
Révolution. Il va renouveler la sensibilité
poétique française en étant
redécouvert par les Romantiques (vers 1820).
* Voltaire (1740's)... : tragédies et comédies (« sérieuses », moralisantes) presque Classiques.
* Marivaux (1730's) : amour naissant contrarié ; finesse et délicatesse du sentiment. Délaisse la farce dans la comédie ; n'étudie que des individus et leur psychologie.
* Diderot (1760's).
* Beaumarchais (1770's) : Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro : critique la société à travers une histoire gaie et rythmée. Pièces jugées en tribunal et interdites.
* Diderot : articles nombreux sur la philosophie, les techniques, la culture, dans un esprit laïc et moderne. Grand outil de combat contre le fanatisme.
* Montesquieu : L'Esprit des Lois (1748) trouve des principes généraux pour guider la loi : réflexion sur les gouvernements, sur la séparation des pouvoirs, et invente la sociologie.
* Jean-Jacques Rousseau : L'Émile, Le Contrat social, Discours sur l'origine de l'inégalité (1750-60's) : théorie de la bonté naturelle de l'homme qui est pervertie par la société inégalitaire.
* Voltaire (1730's) : Les Lettres philosophiques, Le Dictionnaire philosophique portatif, une énorme Correspondance...
* Lesage : Gil Blas (1715), aventures exotiques.
* Cazotte : Le Diable amoureux (1772), roman fantastique.
* Montesquieu (1721) : Les Lettres persanes, roman par lettres : un Persan en voyage fait la satire de la société et des institutions françaises.
* Voltaire : Candide (1759)... Récits rythmé et souvent ironique d'aventures morales et philosophiques. L'idéologie ou la critique étouffe rarement l'histoire.
* Diderot : Le Neveu de Rameau. Jacques le Fataliste (1760-70's). Beaucoup de dialogues sur les idées de l'époque (la nature, l'ordre social...).
* Crébillon fils (1730's) : amour des nobles en privé (chambres, boudoirs...).
* Restif de La Bretonne (1770's, environ 200 romans) est le plus lu du siècle.
* Laclos (1782) : Les Liaisons dangereuses, la noblesse décadente manipule les gens et les vertus avant d'être punie par le hasard.
* Marquis de Sade (1780-90's) : passe la plupart de sa vie en prison. À la fois philosophique et « sadique ».
* Abbé Prévost (1730's) : Manon Lescaut, Cleveland.
* J.-J. Rousseau : La Nouvelle Héloïse (1761) : histoire d'un amour tragique, importance du souvenir et de la tendresse. Les Confessions (1770).
* Bernardin de Saint-Pierre (1788) : Paul et Virginie.