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Leçons de grammaire
Le genre


Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci -- FRE 180Y



| 1. Le présent | 2. Le passé composé | 3. L'imparfait | 4. L'infinitif |
5. Le genre |
6. Les articles | 7. Les adjectifs | 8. La comparaison |
9. La monstration | 10. La possession | 11. Les prépositions | 12. Analyse |
13. Les pronoms personnels | 14. Les pronoms relatifs | 15. Les verbes pronominaux | 16. Le passif |
17. La négation | 18. L'interrogation | 19. Les conjonctions | 20. Le subjonctif | 21. Le conditionnel |




Le genre grammatical



  En français, un genre fixe (féminin ou masculin) est attribué à chaque nom et à chaque adjectif. Peu de noms acceptent les deux genres, peu de noms changent de genre dans l'usage par rapport à ce qui est décrit et prescrit par le dictionnaire. Un changement de genre signifie souvent pour un mot un changement de sens :

  un manoeuvre-une manoeuvre, un espace-une espace, un livre de chimie-une livre de farine, un cartouche-une cartouche, un mémoire-la mémoire, le physique-la physique, un vase-de la vase, un poste de travail-la poste, un mode verbal-la mode punk, faire de la voile-porter un voile...


  Les adjectifs portent les marques du même genre (et du même nombre) que le nom auquel ils se rapportent.
  Pourtant, malgré la profusion de mots, les natifs n'ont pas besoin d'enregistrer le genre individuel de chaque mot car en fait des groupes réglés sont déterminés par un petit nombre de facteurs. Ces facteurs admettent à leur tour un tout petit nombre d'irrégularités.



  1. un facteur sémantique, défini par le sens
  2. un facteur orthographique, défini par la forme écrite
  3. un facteur acoustique, défini par la forme prononcée



  1. Un facteur sémantique, défini par le sens et la référence du mot :
      On a coutume de dire que le français a adopté un système de détermination par le genre « naturel » : on entend que le genre biologique de l'individu ou de l'animal désigné par le mot donne à ce mot son genre grammatical. Le genre est ainsi défini par la réalité : « un homme » est un mot du genre masculin, tandis que « une femme » est un mot du genre féminin.



    1. Ainsi:

      1.

      Les hommes sont désignés par des mots masculins

      Les femmes sont désignées par des mots féminins

        un monsieur, un citoyen, un habitant, un frère, un ouvrier, un soldat, un bonhomme, un bougre, un chrétien, un coco, un croquant, un diable, un drôle, un gaillard, un gazier, un gonze, un gusse, un lascar, un luron, un mec, un mecton, un numéro, un quidam, un zèbre, un zigoto, un zouave, un type, un époux, un gentilhomme, un gentleman, un amant, un mari, un cocu, un mort, un enfant, un adulte, un géant, un nain, un Russe, un Canadien, un Chinois, un gredin...

        Aussi les termes suivants sont-ils masculins, malgré les règles ci-après :
        un alcade, un arpette, un pupille, un pedzouille, un polichinelle, un gendarme...

        une dame, une citoyenne, une habitante, une soeur, une ouvrière, une soldate, une bonne femme, une bougresse, une chrétienne, une cocotte, une croquante, une diablesse, une gaillarde, une gonzesse, une épouse, une lady, une maîtresse, une femme, une morte, une enfant, une adulte, une géante, une naine, une Russe, une Canadienne, une Chinoise, une gredine...


        Aussi les termes suivants sont-ils féminins, malgré les règles ci-après :
        une cendrillon, une virago, une nounou, une mère-grand, une mousmé, une vahiné, une recordwoman, une soprano, une maman, une bru, une catin, une vamp, une squaw, une houri, une barmaid, une dugazon, la Bégum, une vénus...

      2.

       

      Les animaux mâles sont reconnus en général par des mots masculins

       

      Les animaux femelles sont reconnus en général par des mots féminins
      un mouton
      un bouc
      un cheval
      un chien
      un taureau...
      une brebis
      une chèvre
      une jument
      une chienne
      une vache...

      3.

       

      Les employés et les hommes vus sous l'angle de leur activité sont reconnus par des mots masculins

       

      Les employées et les femmes vues sous l'angle de leur activité sont reconnues par des mots féminins
      un caissier
      un patron
      un boucher
      un serveur
      un agriculteur
      un paysan
      un guide
      un sorcier
      un homme à tout faire
      un rentier...



        Les changements de genre visibles se font aussi par un simple changement de l'article : un astronaute, un môme, un Inuit, un dentiste...

      une caissière
      une patronne
      une bouchère
      une serveuse
      une agricultrice
      une paysanne
      une guide
      une sorcière
      une bonniche
      une douairière...



        Sans changement d'orthographe donc, au féminin : une astronaute, une môme, une Inuit, une dentiste...
        Il importe de respecter la grammaire en opérant la féminisation des titres et des fonctions (par exemple, on ne dit pas une « instructeure », mais une instructrice).





    2.  

      Les cas moins clairs.

        Mais comme on a parfois du mal à décider du sexe de l'individu, on rencontre de nombreux cas limites :

      1.   - le sexe de l'individu est difficile à définir : on applique les autres règles qui déterminent le genre.
        1. Ex : un gorille, un éléphant, un caniche, un bichon frisé, une araignée, une bestiole, une bébette, une tortue, une gerbille, une vipère...

      2.   - le sexe de l'individu n'est pas encore défini par son évolution : on applique les autres règles qui déterminent le genre.
        1. Ex : un bébé, un bambin, un nourrisson, un chiot, un caneton...

      3.   - le sexe de l'individu n'a pas d'importance par rapport à ce qui en est dit. La fonction de la personne prime sur le genre sexuel qui est le sien : on applique les autres règles qui déterminent le genre.
        1. Ex. : Arnold Schwarzenegger est une star, une superstar, une grande vedette... On peut appeler un roi des termes féminins « sa Majesté », « son Altesse », « votre Grâce », « sa Seigneurie » -- c'est pourtant un roi ! 
          NOTA : une personne est toujours du genre féminin et un individu du genre masculin.


          On considère grammaticalement peu pertinent le sexe des individus suivants. Pour cela, leur genre sexuel est par défaut celui du masculin, parfois aussi pour des raisons historiques :

        1. Ex. : un agresseur, un amateur, un ange, un apôtre, un assassin, un automate, un bourreau, un cancre, un censeur, un charlatan, un chef, un clown, un despote, un disciple, un émissaire, un escroc, un fournisseur, un imposteur, un juge, un mannequin, un monstre, un oppresseur, un parjure, un peintre, un pionnier, un pitre, un sauveur, un successeur, un témoin, un top-model, un tyran, un vainqueur, un voyou...


          Le fait que ces mots soient des noms masculins n'est, en soi, pas un trait sexiste a priori : le dictionnaire prend soin de préciser qu'ils signifient « des personnes qui... »; leur définition prend donc en compte la possibilité d'un renvoi à un individu de sexe féminin. Le contexte permet en général d'éviter les malentendus. Si toutefois on veut, avec ces mots, marquer clairement la valeur de féminin, il faut trouver un autre moyen que le seul changement d'article : (un assassin) une meurtrière, (un bourreau) une exécutrice, (un peintre) une femme peintre, (un agresseur) celle qui l'a agressé-e, (un charlatan) une bonimenteuse, (un chef) une dirigeante, (un tyran) une femme tyrannique ou une dictatrice, (un juge) une femme juge, (un témoin) un témoin féminin, (un vainqueur) une gagnante...


      4.   - le mot ne désigne pas un individu biologique mais une activité, ou un accessoire, représentée par un verbe à l'infinitif ou une expression verbale : on utilise, par défaut, le masculin.
        1. Ex. : le boire et le manger, un déjeuner, un être, un avoir, au débotter, les dires, du laisser aller, le pouvoir, le savoir, le devoir, le parler régional, faire du rentre-dedans...
          ET : un va-et-vient, un je-ne-sais-quoi, un essuie-tout, un casse-croûte, un monte-en-l'air, un passe-plats, un lave-linge, du je-m'en-foutisme, un tire-bouchon, un sot-l'y-laisse, un suivez-moi-jeune-homme...




    3. Quand on désigne des hommes et des femmes, le genre est très rarement marqué de manière inverse à la réalité. On est alors en présence d'une valeur péjorative ou négative.Par exemple :

        - les homosexuels mâles et les hommes faibles sont désignés par des termes péjoratifs au féminin, par dérision ou pour insulter. Ex. : une chiffe, une tapette, une folle, une lavette, une tante, une tata, une chochotte, une reine...

        - les femmes laides ou de mauvaise vie sont désignées par des termes péjoratifs où le trait de « féminin » est effacé. Ex. : un souillon, un tronc, un cageot, un débris, un veau, un boudin, un saucisson, un thon, un bifteck, un tapin...


    4. Le genre est très rarement double.
      Ex. :
        un amour mais de belles et longues amours
        un orgue - les grandes orgues
        un délice - de grandes délices
        un aigle est un oiseau - l'aigle romaine
        un hymne national - une hymne religieuse

        On désigne au masculin ET au féminin, sans changement de sens: un après-midi ou une après-midi.


  2. un facteur orthographique, défini par la forme écrite

  3. un facteur acoustique, défini par la forme prononcée


GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 28 juillet 1996. Mis à jour le 28 janvier 2000