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Leçons de grammaire
L'imparfait


Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci -- FRE 180Y (LO301)



| 1. Le présent | 2. Le passé composé | 3. L'imparfait | 4. L'infinitif |
5. Le genre | 6. Les articles | 7. Les adjectifs | 8. La comparaison |
9. La monstration | 10. La possession | 11. Les prépositions | 12. Analyse |
13. Les pronoms personnels | 14. Les pronoms relatifs | 15. Les verbes pronominaux | 16. Le passif |
17. Le négation | 18. L'interrogation | 19. Les conjonctions | 20. Le subjonctif | 21. Le conditionnel |



L'imparfait


  1. Sa fabrication

      L'imparfait est certainement le temps le plus simple à former. A partir de la forme du verbe conjuguée avec nous, on retranche -ONS et on le remplace par les terminaisons de l'imparfait à la personne adéquate.

    nous XXXXX-ONS
    Terminaisons de l'imparfait
    nous marchons nous finissons nous tendons nous recevons
    je XXXXX-AIS je marchAIS je finissAIS je tendAIS je recevAIS
    tu XXXXX-AIS tu marchAIS tu finissAIS tu tendAIS tu recevAIS
    il XXXXX-AIT il marchAIT il finissAIT il tendAIT il recevAIT
    nous XXXXX-IONS nous marchIONS nous finissIONS nous tendIONS nous recevIONS
    vous XXXXX-IEZ vous marchIEZ vous finissIEZ vous tendIEZ vous recevIEZ
    elles XXXXX-AIENT elles marchAIENT elles finissAIENT elles tendAIENT elles recevAIENT


      Une exception : ETRE.

    j'étais
    tu étais
    il était
    nous étions
    vous étiez
    elles étaient


      Attention aux formes de type : « quand nous étions jeunes, nous étudiIONS, nous nous méfiIONS, nous riIONS, nous accueilliIONS, nous fuyIONS, nous priIONS, nous craignIONS... »


  2. Son usage

      L'imparfait est une forme du verbe qui indique les actions du passé considérées dans ce qu'elles n'ont pas encore atteint leur achèvement, qu'elles n'ont pas fini de se dérouler ou d'être en train. Il présente l'action, sans en préciser les limites temporelles.
    Ex. : Il pleuvait quand je suis arrivé.

    L'imparfait est généralement étranger à la notion de début ou de fin d'une action, alors que le passé composé nous informe qu'une action a arrêté de se dérouler. C'est pour cela qu'on peut dire qu'il évoque la notion d'« être en train de... ».
      C'est pourquoi aussi, contrairement au passé composé, il est aussi spécialement détaché du présent, voire il s'y oppose :
    Ex. : « Où est passé Robert ? Il était là il y a une minute » [Mais il n'y est plus].
    « C'était un brave homme ! » [Mais maintenant il est mort].

      Il demeure que, souvent, les Anglophones se heurtent au problème de l'aspect : l'angle de vue, la manière de considérer le déroulement des actions du passé. En effet, en français, la forme passé composé et la forme imparfait se complètent en un système d'oppositions cohérentes là où la langue anglaise masque les distinctions en employant une seule forme de passé.
      On peut schématiser ces différences en un tableau des aspects et valeurs contraires que se distribuent le passé composé et l'imparfait :


    Passé composé
    parfait
    Imparfait
    Action achevée
    Cela a commencé et cela a fini

    Il est mort.


    J'ai fini mon travail.
    Action non achevée
    (idée d'« être en train de »)


    Il était mourant, mais il vivait encore.
    Remarquez qu'il est presque impossible de trouver :
    *Il a été en train de mourir.

    Je finissais mon travail quand m'a appelé pour regarder Madame est servie [Mon travail n'était pas fini].
    Action ponctuelle de type histoire (focus)
    « et puis..., et puis... »

    Roger est entré. Il s'est assis. Il a réfléchi. Puis il s'est levé et il est parti.
    Cadre, circonstance, contexte d'une histoire (annexe)
    Arrière-plan d'une action

    Il faisait beau ce jour-là. Les oiseaux chantaient. Le soleil brillait. Il était presque midi et tout le village se préparait à passer à table.
    Affinités avec les processus dynamiques
    Actions vues dans leur globalité

    Il a décidé de partir.
    Soudain, elle a commencé à écrire.
    J'ai pu aller à la soirée chez Jennifer [=j'y suis allé].
    Il a su que ses amis lui mentaient [=il a fait quelque chose pour le savoir]
    Affinités avec les verbes d'état
    États vus dans leur étendue


    ...parce qu'il ne voulait pas rester et qu'il était malade.
    ... car elle était inspirée.
    Je pouvais aller chez Jennifer, mais je n'en avais pas envie [=je n'y suis pas allé].
    Il savait que ses amis lui mentaient [=cela faisait partie de ses connaissances].
    Occurrences mesurées
    (une fois, quarante fois, plusieurs fois, pendant quelques minutes ...)

    Il a pris le train plusieurs fois l'année dernière.
    J'ai marché pendant quelques minutes avant de trouver mon chemin.
    Récurrence. Expression des habitudes d'une époque terminée
    (... mais c'est fini [cf. « used to »].
    Idée de « pattern » [cf. « would »])


    Quand j'avais vingt ans, je voyageais beaucoup.
    Tous les jours, il prenait son café sur la terrasse.


      L'imparfait s'utilise aussi après SI..., dans les phrases d'hypothèse :
    Ex. : « Ah ! Si j'étais riche ! »
    « Si tu venais ce vendredi soir, nous regarderions Millenium devant un bol de pop-corn ».

      On le rencontre souvent dans les phrases de politesse :
    Ex. : « Je voulais vous demander pardon ».
      On le trouve encore dans le parler bébé : il n'est pas rare quand les adultes parlent aux bébés ou à leur petit chien adoré.
    Ex. : « Il était mignon tout plein, le petit Nicolas... Areu. Areu. Il mangeait bien sa soupe. Oh, oui... Guili guili... ».


GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 28 juillet 1996. Mis à jour le 26 septembre 1996.