Leçons de grammaire
L'infinitif


Introduction to French Studies -- Pascal Michelucci -- FRE 180Y



| 1. Le présent | 2. Le passé composé | 3. L'imparfait | 4. L'infinitif |
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5. Le genre | 6. Les articles | 7. Les adjectifs | 8. La comparaison |
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9. La monstration | 10. La possession | 11. Les prépositions | 12. Analyse |
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13. Les pronoms personnels | 14. Les pronoms relatifs | 15. Les verbes pronominaux | 16. Le passif |
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17. La négation | 18. L'interrogation | 19. Les conjonctions | 20. Le subjonctif | 21. Le conditionnel |




L'infinitif



  1. Qu'est-ce que l'infinitif ?

      L'infinitif est le nom d'une forme du verbe qui ne distingue pas les relations entre le processus du verbe et la personne, le nombre ou le temps. C'est une forme dite « non-conjuguée », c'est-à-dire qu'elle ne porte pas de marque de variation. Comme elle ne change pas selon les circonstances, elle est apte à n'exprimer que l'idée d'une action comme notion générale, sans spécifier les circonstances de sa réalisation particulière. La personne responsable de l'action à l'infinitif est « tout le monde », ou bien la personne spécifiquement concernée par l'action à l'infinitif est explicite dans la phrase.

      Le caractère abstrait de l'acte que l'infinitif évoque explique qu'on le rencontre comme entrée dans le dictionnaire, pour regrouper toutes les formes conjuguées que le verbe recouvre.
      Pour cette raison aussi, on le rencontre souvent dans des phrases où il est dit quelque chose de général sur l'acte à l'infinitif :



      Nous avons déjà rencontré des infinitifs : ce sont les verbes à leur forme de base qui se termine par -ER, -IR, -RE, -OIR...
      On dirait par exemple que l'infinitif de « je suis » est la forme ETRE.



  2. Quand faut-il utiliser l'infinitif ?


      APRES un autre verbe

    1.
    DEVOIR
    POUVOIR
    SAVOIR
    VOULOIR
    IL FAUT


    Elle doit partir.
    Est-ce que je peux venir avec vous ?
    Je ne sais pas nager.
    Tout le monde veut vivre libre.
    Il faut respecter la loi.

    2.
    Les verbes de mouvement

    ALLER
    VENIR
    PARTIR
    COURIR...




    Regarde, Maman, je vais plonger!
    Je viens vous parler de mon essai.
    Elle est partie faire des commissions.
    Il a couru chercher son cahier.

    3.
    Les verbes de perception...

    VOIR
    REGARDER
    ENTENDRE
    SENTIR...




    ... et les verbes d'apparence
    SEMBLER
    PARAITRE
    S'IMAGINER...




    Je te vois venir...
    Nous avons regardé la scène se dérouler.
    On a entendu quelqu'un crier.
    J'ai senti l'abeille me piquer.




    Il semble vouloir réussir.
    Ces poires paraissent avoir voyagé.
    Ma cousine s'imagine pouvoir passer une semaine à la Barbade.

    4.
    Après les verbes d'opinion

    CROIRE
    PENSER
    AIMER
    DIRE
    PRETENDRE...




    Est-ce que vous croyez venir en classe demain ?
    Je pense faire mes devoirs entre cinq et sept.
    J'aime écouter de la musique.
    Elle m'a dit déjà avoir visité le Portugal.
    Il prétend tout connaître.

    5.
    Après les verbes
    qui portent sur l'effectuation
    d'une action

    FAIRE
    LAISSER
    OSER
    FAILLIR




    Quelqu'un m'a fait tomber.
    Il ne faut pas les laisser faire.
    Nous n'avons pas oser lui demander des comptes.
    Elle a failli se casser la jambe.


    Exercice nº 1

      Après une préposition
    (sauf EN)

    1.
    la préposition à
    (Le verbe, adjectif ou nom qui précède l'infinitif est orienté vers l'action de cet infinitif et les qualités de cette action).

      Voir la liste des verbes donnée par Ollivier, p. 469.


    Elle a réussi à s'acheter une voiture.
    Je me suis mis à travailler sérieusement.
    As-tu pensé à acheter du pain ?

    Cet exercice est facile à faire.
    Cet accident était terrible à voir.

    Une planche à repasser
    Une machine à coudre

    2.
    la préposition DE
    (Le verbe, adjectif ou nom qui précède l'infinitif est orienté vers le sujet ou les qualités du sujet de l'action).

      Voir la liste des verbes donnée par Ollivier, p. 470.


    Les étudiants refusent de quitter la salle.
    L'ordinateur m'a permis de corriger mon travail.
    Mon dieu! J'ai oublié d'éteindre l'eau du bain!

    Nous sommes libres de faire ce qui nous plaît.
    Elle est contente d'avoir gagné au loto.
    Vous serez gentil de fermer la fenâtre en sortant.

    Je n'ai pas envie de faire mon jogging ce soir.
    J'ai obtenu la permission de rester.


    Exercice nº 2

    3.
    Les autres prépositions :
    POUR, SANS, PAR...



      La préposition « APRES », du fait de son sens (si une action est après une autre, l'autre est terminée) demande l'aspect achevé communiqué par le passé composé. « APRES » est donc toujours suivi de l'infinitif passé : après avoir + participe passé, après être + participe passé.


    Ils travaillent pour payer leurs études.
    Elle est partie sans dire un mot.
    On commence par couper le poulet en huit.

    Après être arrivée, elle a nourri le chat.
    Tu ne peux pas te comporter ainsi après avoir dit ce que tu as dit!

    Exercice nº 3

      Après COMMENT, POURQUOI... dans certains cas de l'interrogation.


    Comment décrire une scène aussi affreuse ?
    Pourquoi consacrer sa vie à des questions pareilles ?
    Personne ne savait comment réagir.
    Elle a compris pourquoi étudier.

    Que faire ?
    Elle ne savait plus quoi faire.

      Quand on dit quelque chose d'une action exprimée par un infinitif. Cet infinitif est le sujet d'un autre verbe conjugué.

    Voir plus bas.

    Se quitter est une si douce tristesse.
    Il est si difficile de tout abandonner.
    C'est un scandale de voir comment les jeunes s'habillent de nos jours.



  3. L'infinitif et la négation.



  4. L'infinitif quand il entre dans un groupe sujet.



    1.   L'infinitif est en position de sujet. On parle de l'action du verbe à l'infinitif pour la qualifier, la commenter, la spécifier, la décrire. Un mot ouvre la phrase et annonce que l'infinitif va suivre (comme dans la structure : « It is.... that... »).

      1.   L'infinitif est le sujet et on qualifie l'action à l'infinitif avec un NOM ou un groupe nominal .
          Cette action est, par exemple, un scandale, une erreur, une honte, une misère, une folie, un paradoxe, une bonne action, quelque chose de bon...

        -----> C'est + groupe nominal + (que) DE + infinitif.



        • Ex. : Croire que l'on peut réussir sans effort est une erreur (NOM).
          OU

          C'est une erreur (NOM) de croire que l'on peut réussir sans effort.

          C'est un scandale (NOM) de laisser dire des choses pareilles.

          OU

          Laisser dire des choses pareilles est un scandale.

          C'est une histoire incroyable (GROUPE NOMINAL) de passer une nuit pareille.

          OU

          Passer une nuit pareille est une histoire incroyable.



      2.   L'infinitif est le sujet et on qualifie l'action à l'infinitif avec un ADJECTIF ou un groupe adjectival.
          Cette action est, par exemple, interdite, dangereuse, possible, bonne, pertinente, intéressante, enrichissante, très douloureuse, plutôt pénible...

        -----> Il est + adjectif + DE + Infinitif.


        • Ex. : Il est interdit (Adj.) de copier sur sa voisine.
          OU

          Copier sur sa voisine est interdit.

          Il est dangereux (Adj.) de marcher sur un étang gelé.

          OU

          Marcher sur un étang gelé est dangereux.

          Il est intéressant (Adj.) de voir que les romans français parlent souvent du mariage.

          OU

          Voir que les romans français parlent souvent du mariage est intéressant.


    2.   On utilise la structure ADJECTIF + à + infinitif pour qualifier, commenter, décrire autre chose dont on vient de parler dans un morceau de texte précédent. L'infinitif n'est pas lui-même le sujet, mais un attribut, une qualité du sujet commenté. La phrase commence par un mot qui répète une idée qui précède (comme dans la structure : « This previous idea/fact is... »), donc par un pronom démonstratif.

        [Phrase qui précède]. C'/CELA est + adjectif + à + infinitif.

        Cette structure s'utilise aussi pour ce qu'on dit des personnes en position de sujet : [Jean] Il est difficile à satisfaire. [Rosalie] Elle est agréable à connaître.

      •   A l'oral :
          « Les entreprises paient trop d'impôts. C'est facile à rectifier pour le gouvernement. »
      •   A l'écrit :
          Les entreprises paient trop d'impôts. Cela est facile à rectifier pour le gouvernement.

      Exercice nº 5


GRIMOIRE-FRE 180Y
©Pascal Michelucci
Créé le 28 juillet 1996. Mis à jour le 28 janvier 2000