LES DANGERS ET LES ENJEUX

DE L'AMOUR

AU

MOYEN AGE
par Lee-Hwa Tai

 

Quels sont les dangers et les enjeux de l'amour au moyen âge ? Étudiez comment Tristan et Iseut et Ovide moralisé en présentent une image peu valorisante. Essayez d'expliquer pourquoi et indiquez si vous êtes en accord avec ces textes.

 

« Hélas!. . . Vous avez bu votre destruction et votre mort ! » C'est avec ces mots que Brangaine, la chambrière de l'oeuvre Tristan et Iseut, s'exclame de terreur à propos de la relation amoureuse qui a commencé entre Tristan et Iseut, c'est-à-dire qu'elle prédit que leur amour sera fatal. De cette déclaration, on peut voir la mentalité des gens médiévaux en ce qui concerne un amour qui menace le statut quo d'une société patriarcale.

La société médiévale était un monde réglé par une hiérarchie autoritaire. La stabilité sociale se centrait sur des relations de respect exigées entre Dieu et l'homme, le Souverain et le sujet, et le mari et la femme. Sur le plan social et familial, l'Eglise jouait un grand rôle pour assurer la supériorité du maître (du mari) et l'infériorité du vassal (de la femme).

C'était dans cette situation dichotomique que se manifestait l'amour courtois, un idéal de l'amour réciproque, mais défendu entre un noble chevalier et une dame qui appartenait souvent à un autre homme ( Pascal., "Cours" p. 2). Pour remplir un vide dans les ténèbres du coeur, les gens quittaient le foyer ou brisaient leurs liens de servitude pour commettre un péché abominable: l'adultère.

Dans Tristan et Iseut, un coup de foudre interdit qui a été créé par un poison d'amour a apporté les amants vers une fin tragique. Pour Tristan, il l'aimait passionnément malgré la perte de son honneur et de ses devoirs moraux. Pour Iseut, malgré toute sa volonté de préserver sa chasteté, elle n'arrive pas à arrêter d'aimer. Ensemble, ils ont perdu le soutien de la monarchie. De plus, ils ont perdu le soutien de Dieu car ils n'ont plus suivi le chemin de la vertu. Enfin, obsédés par leur passion et séparé par des obstacles extérieurs, « Tristan est mort de son amour; la belle Yseut de sa tendresse pour lui ».

De la même façon, Héro et Léandre se sont cachés dans leur propre monde de passion sexuelle. Chaque nuit, Héro allumait une lanterne pour guider son amant Léandre, qui nageait nu à travers la mer périlleuse pour pouvoir l'aimer. Inévitablement, les amants se sont noyés l'un après l'autre à cause de leur passion dénaturée. Il est important de noter que dans cette situation, les péchés sont accordés à Héro à cause de la misogynie qui disait que toutes les femmes étaient portées aux vices à cause d'Eve et qu'elles étaient des séductrices responsables pour la chute des hommes (de Pizan., p. 54).

Selon ces deux textes, l'amour n'est jamais heureux en général. Dans une époque profondément influencée par la religion, la passion est quelque chose de négatif qui cause l'aveuglement et la misère de l'homme, même le plus lucide. Il faut éviter la corruption et abondonner nos passions individuelles car c'est exactement ces désirs individuels qui menacent les liens de respect établis, qui mettent en question les valeurs sociales et morales de l'époque, et bouleversent les rôles sociaux et sexuels traditionnels.

En tant que critique contemporaine, on peut voir que dans sa bonté, l'amour courtois permettait aux gens l'opportunité d'exercer des choix personnels dans la vie. Il rendait les femmes conscientes de leurs conditions dans la société. A cause de l'amour courtois, la valeur de l'individu et le respect mutuel jouaient de nouveaux rôles dans le mariage. Dans sa laideur, l'amour courtois n'était plus qu'une forme de décoration pour le désir sexuel lié directement à l'existence de la pornographie, du viol et de l'adultère contemporains qui nous choquent chaque jour. Malgré l'amélioration du statut de la femme, elle ne symbolisait qu'une forme d'inspiration pour la gloire masculine de jadis et d'aujourd'hui. L'amour reste encore un risque incalculé qui a la capacité d'apporter le bon et le mauvais de chacun d'entre nous.


Bibliographie

De Pizan, Christine. Le Livre de la Cité des Dames, Stock, Centre national des Lettres, 1971, 278p.

Michelucci, Pascal. Introduction to French Studies, Toronto, UTM Dep. of Fr., 1999, 116 p.



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GRIMOIRE-FRE 180Y
©Lee-Hwa Tai
©Pascal Michelucci pour la mise en page
Créé le 5 mars 2000