LE THEME ETERNEL DE L'AMOUR

DANS LA

POESIE AMOUREUSE

DE LA

RENAISSANCE


par Lee-Hwa Tai

 

Le thème éternel de l'amour a souvent été traité. Dans le cadre de la Renaissance française, comment expliquez-vous les deux traitements que Ronsard (« Les petits corps.. ») et Louise Labé (« Ne reprenez, Dames... ») en font ? Comment ajoutent-ils à votre appréciation de la poésie amoureuse ?

 

Un poème d'amour comme tous les autres moyens de communication écrite, n'est qu'un reflet de la mentalité des gens d'une société donnée. Dans le cadre de la Renaissance française, il y a un conflit marqué entre le poème d'amour classique écrit par les hommes et une nouvelle force poétique qui exprime une opinion féministe sur les affaires du coeur humain.

Depuis le passé de l'humanité jusqu'au début de la Renaissance, le rôle traditionnel de la femme dans une société patriarcale était le silence, la passivité et la soumission. Simone de Beauvoir, une écrivaine du féminisme contemporain a dit que selon les philosophes, les clercs et les écrivains misogynes du passé, l'homme est défini comme la seule image de l'humanité. Les femmes sont définies par rapport aux hommes. Elle n'était pas une création d'elle-même, mais elle était considérée comme « au hasard » et pas comme une « essentielle » (de Beauvoir, p. 2). À cause de ce point de vue misogynes, les philosophes comme Aristote ont considéré que la femme était par nature faible physiquement. Cette faiblesse corporelle menait et suggérait la faiblesse de l'esprit et de l'intelligence. (Cameron, p. 46). Alors, dans ce milieu déprimant, les femmes devenaient victimes silencieuses de manipulations masculines.

On peut voir cette attitude misogyne dans les oeuvres de Ronsard, un des grands poètes de la Renaissance. Bien qu'il ne critique pas directement les femmes, il les rend inférieures en employant des tactiques cachées qui améliorent le statut masculin. Premièrement, la femme devient un objet d'art inaccessible à cause de sa beauté physique. En même temps, cette idéalisation superficielle de la femme suggère qu'elle est vraiment une séductrice comme Eve qui a tenté Adam de manger la pomme. Les hommes comme Ronsard souffraient beaucoup car les femmes comme Cassandre imposaient des épreuves de patience et de dévouement ridicules à ceux qui voulaient les conquérir. Donc, emprisonné par la fascination de « ces tresses orines, ces doigts rosins et ces mains ivoirines ». Ronsard devient une victime vulnérable de cet amour aveuglant qui mérite notre pitié et notre sympathie lorsque la femme reste comme une peinture admirable, mais froide et lointaine.

C'est dans cette période où la poésie d'amour ne donnait que l'opinion masculine, que se manifestent les oeuvres tout à fait révolutionnaires de Louise Labé. Pour la première fois dans le domaine littéraire - les émotions, les désirs et les opinions d'une femme au sujet de l'amour sont présentés. Au lieu de s'occuper à la réputation sociale de la femme, Labé met l'emphase sur la sincérité, l'honnêteté et la pureté des émotions que les femmes sont capables d'exprimer. Selon les images qui coulent dans son poème, le domaine de l'amour ne demeure plus chez les hommes. Les femmes sont aussi capables de raisonner, de rêver, de séduire et de souffrir. Elles ne restent plus le sexe passif dans une relation car quand une femme tombe amoureuse d'un homme, elle l'aime avec son coeur, son esprit, son âme et son corps. (Cameron, p. 57). Elle ne sera pas contente de rester seulement l'objet de l'inspiration ou de l'admiration de l'homme. Elle veut un amour réciproque où ses idées seront respectées et ses désirs seront satisfaits. En tant que poète, Louise Labé s'est établie comme une écrivaine légitime. De plus, elle a défini, soutenu et amélioré la valeur de la parole féminine et les rôles des femmes dans la société.

Les influences remarquables de Ronsard et de Labé sur le thème de l'amour restent profondément dans la mentalité des gens de notre époque. C'est à cause de Labé et de ses écrivaines contemporaines qui ont établi l'honneur textuel de la femme que nous, les femmes d'aujourd'hui, pouvons marcher fièrement dans la rue, sachant que nous sommes plus ou moins égales aux hommes. Par contre, le sexisme n'a pas disparu. Même si les femmes ne portent plus les corsets victoriens, on porte encore des corsets invisibles dans nos esprits. On est bombardés chaque jour par les média qui nous montrent la beauté idéale de la femme. C'est aussi grâce aux écrivains du passé et à leurs poèmes d'amour que nous, la jeunesse d'aujourd'hui pouvons voir l'évolution des rôles sexuels et peut-être même comprendre un peu plus la nature du coeur humain.


Bibliographie

Cameron, Keith. Louise Labé - Renaissance Poet and Feminist, Providence, Berg Pub. Ltd., 1990, 100 p.

De Beauvoir, Simone. The Second Sex, Middlesex, U.K., Penguin, 1986, 789 p.

Michelucci, Pascal. Introduction to French Studies, Toronto, UTM Dep. of Fr., 1999, 116 p.

 



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GRIMOIRE-FRE 180Y
©Lee-Hwa Tai
©Pascal Michelucci pour la mise en page
Créé le 5 mars 2000