AU XVIIIe SIECLE
par Lee-Hwa Tai

 

Vous revenez d'un voyage dans un pays imaginaire. Vous expliquez à votre meilleure amie ce que vous y avez vu.

 

Chère Diane,

Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles. J'étais profondément bouleversé par des évenements de mon voyage que je n'ai pas pu trouver de mots justes pour rendre compréhensibles mes pensées dérangées. Quand même, je vais essayer. . .

La plupart du temps dans la vie, on ne se connaît pas. Inconsciemment, on flotte dans l'incertitude et l'obscurité. Mais comment décrit-on cet enchaînement qui relie chaque aspect de notre vie et nous empêche de nous détruire complètement? On l'appelle notre famille. Ce sont des gens intimes qui nous entourent qu'on n'apprécie pas à leur juste valeur jusqu'au moment où ils nous quittent. Ça prend un déplacement choquant dans un milieu étrange qui nous pousse à tout consacrer pour la préserver.

À première vue, ils étaient superbes, ces gens-là. Stationné sur mon bateau, je les voyais étendus sur la plage. Des jambes longues et musclées, des ventres plats, des seins de femmes assez gonflés. . . Impossible de leur donner un âge, je les admirais à distance rêvant que je venais de découvrir le Paradis. En réalité, c'était une espèce étrange. En les observant pendant quelques jours, je me suis souvenue de la société que Platon a décrite dans son oeuvre, la République. Pour la première fois dans ma vie, j'étais à la fois éclairée et aveuglée. Finalement, l'être humain vit dans une sorte de communauté utopique. Devant mes yeux, les gens s'amusaient et s'aimaient librement en changeant regulièrement de partenaires. Des individus de "haute" qualité étaient choisis pour la reproduction des enfants qui étaient élévés dans des laboratoires. Cette théorie visant à améliorer l'espèce humaine par intervention sur la génétique me dégoûte et me fascine en même temps. Ce schéma permet la liberté sexuelle et la reproduction des citoyens selon les besoins sociaux. Dans ce système social où l'état est responsable pour élever des enfants, les femmes étaient finalement libres dans tous les contextes, la moralité vis-à-vis de l'acte sexuel n'existe pas, et tout le monde travaille pour le bien être de la communauté.

Mais, est-ce que cela améliore la condition humaine? Venons-en maintenant à la base de la question. Commençons par les enfants. Chaque étude sur le développement psychologique des enfants a trouvé que seulement un rapport intime avec ses propres parents ou gardiens peut permettre à l'enfant l'opportunité d'atteindre pour le mieux dans sa vie. Dans une institution où on ne valorise pas chaque enfant individuellement, la condition psychologique de ces enfants va poser des graves conséquences à l'avenir. Au prochain niveau, est-ce qu'un mouvement politique ou une idéologie peuvent remplacer l'unité familiale? Question simple. Non. L'abolition du mariage et de la famille ne pose que du danger au bien être de la société entière. Nous sommes des êtres vulnérables qui ont besoin d'un sens d'appartenance à un petit groupe qui fournit nos besoins physiques, émotionnels et spirituels. Plus nombreux les membres de la société, plus grand ce besoin de l'intimité.

Pour ces beaux gens qui vivaient dans l'utopie, cela ressemble au bonheur ultime. Pour moi, c'était comme des rayons du soleil si purs et blancs qui me faisaient mal aux yeux. Personnellement, je préfère notre concurrence pour la liberté et l'égalité sociales et sexuelles, à condition que je reste un pixel dans le grand tableau de ma famille.

N'oublie pas de me donner de tes nouvelles de temps en temps. Cordialement,

Lee-Hwa Tai



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©Lee-Hwa Tai
©Pascal Michelucci pour la mise en page
Créé le 5 mars 2000