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Le XIXe siècle électronique

 Le XIXe et les recherches sur Internet

VIII Zola

 

          Les recherches sur le père du Naturalisme ont toujours fait preuve d’un dynamisme exceptionnel. Nul ne sera étonné, par conséquent, par les résultats de la présente enquête : les études zoliennes sont à l’avant-garde de tout ce qui se passe en matière de recherche littéraire au XIXe siècle sur internet. En effet, les meilleurs sites littéraires sur un seul auteur que j’aie découverts jusqu’ici sont justement ceux consacrés à Zola. Il est vrai qu’on ne trouve pas dans ce domaine des sites animés par des amateurs passionnés dont la ferveur se traduit par des prestations multimédia, comme c’est le cas pour Rimbaud1. Toujours est-il que d’un point de vue universitaire les grands sites zoliens ont peu de rivaux. Ce qui ne veut pas dire que le nombre de pages d’amateurs destinées aux lycéens, par exemple, est faible. Au contraire. Les Rougon-Macquart ont toujours fasciné la jeunesse et c’est par un bref périple autour de quelques sites qui la visent que commencera la présente investigation.

            Le très beau site, conçu pour les enseignants du secondaire, http://www.lettres.net/roman-naturaliste/emile-zola.htm fourmille d’informations diverses sur Zola. Organisé autour de trois grands axes, Ressources et sites sur Émile Zola, Textes en ligne, Commentaires et études d'œuvres, il présente des liens vers d’importants sites de ressources pédagogiques. De fait on pourrait utiliser cette page comme tremplin vers presque tous les autres sites significatifs consacrés à notre auteur. On soupçonne, cependant, que ce site n’a pas connu de révision récente car l’on constate deux grandes lacunes, soit des renvois aux Cahiers naturalistes (http://www.cahiers-naturalistes.com/) et à la superbe création de la BnF, http://gallica.bnf.fr/zola/ Le Rêve. (Tous les deux feront l’objet de commentaires plus amples vers la fin de la présente chronique). Ceci dit, www.lettres.net donne le meilleur inventaire de Textes en ligne parmi tous les sites répertoriés ici, et il en va de même pour les Commentaires et études d'œuvres. Commençons par examiner les textes en ligne. C’est dommage que le premier lien vers un recueil de textes, celui des services culturels, ait déménagé sans indiquer sa nouvelle adresse2 (que je donne pourtant ici : http://www.diplomatie.gouv.fr/culture/biblio/foire_aux_textes/auteurs/zola.html) et que les services culturels n’aient pas cru bon de donner le moindre renseignement bibliographique sur les textes numérisés mis à la disposition des internautes. Par contre Bibliopolis (http://athena.bibliopolis.fr:7900/Html/Auteurs/Aut_ab.htm?aut->Zola__&$HIDDEN) donne le texte de onze romans, dans de bonnes éditions, consultables sur écran (non destinés au téléchargement, pourtant…) D’autres sites relevés semblent avoir disparu également (la Bibliothèque Bagé notamment) ou ont changé d’adresse (le lien vers http://gallica.bnf.fr/, par exemple). De fait, si l’on souhaite télécharger des textes numérisés mieux vaut commencer par ce dernier lien où une recherche sur le nom « Zola » donne comme réponse quarante-cinq documents de tout premier intérêt dont la version numérisée de plusieurs romans en édition originale téléchargeables en format PDF ou TIFF3. Quant aux études critiques, elles recouvrent les romans suivants : La Fortune des Rougon, Le Ventre de Paris, La Bête humaine, Germinal, Le Docteur Pascal, L'Assommoir, Au Bonheur des Dames, Pot-Bouille, L'Œuvre, Thérèse Raquin, Nana et La Curée. Plusieurs de ces études (qui prennent parfois la forme d’un guide pédagogique) sont hébergées sur le site de l’Académie de Rouen (http://www.ac-rouen.fr/new_home.php) qui présentent encore d’autres ressources zoliennes du plus grand intérêt. Somme toute www.lettres.net est un excellent point de départ pour toute recherche sur Zola.

            Visant un public semblable le petit site de Jean-Pierre Cau, http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/romnatu/ zola/index.htm donne des extraits d'essais de Zola sur le roman, ainsi qu'un certain nombre de préfaces. On peut regretter que la société Lycos (qui héberge le site) interrompe toute visite par des annonces publicitaires juvéniles sans aucun rapport avec notre auteur; néanmoins lycéens et enseignants du secondaire trouveront utiles les éléments rassemblés en ce lieu. Et s’ils s’intéressent à L’Œuvre ils ne manqueront pas de s’arrêter à http://pharouest.ac-rennes.fr/e352009U/lycee/ lettres/pajennou/accsau.htm, site de Jean-Claude Corre de l’Académie de Rennes.

On connaît la grande réputation de Zola en Angleterre. En effet, Ernest Vizetelly (1853-1922), traducteur et éditeur de la plupart des romans de la série Les Rougon-Macquart pendant les dix dernières années de la vie de l’auteur de J’accuse en est en large mesure responsable4. On n’est nullement surpris, par conséquent, de découvrir que La Société Emile Zola (Londres) anime un excellent site (http://www.francealacarte.org.uk/education/enseigner/ressources/alevel/ litterature/zola/menu.html) où l’on découvre en fac-similé la première publication de J’accuse dans l’Aurore, d’importants instruments de travail biographiques et bibliographiques (David Baguley et Chantal Morel), un essai sur « Zola et le cinéma » (Russell Cousins), et une rubrique « Zola et l’affiche » présentant de superbes reproductions en couleur des affiches des feuilletons, des adaptations théâtrales et cinématographiques. A ne pas manquer!

Quatre sites de particuliers méritent également qu’on s’y attarde fût-ce brièvement. Nulla Dies Sine Linea 2002 (http://emilezola.free.fr), animé par Véroniqua Leuilliot présente de belles images de Zola. Par ailleurs la simplicité du design et la judicieuse exploitation du langage java pour animer le site rend la visite agréable. On peut regretter que V. Leuilliot ait mis son site en ligne avant qu’il ne soit pleinement développé, car même si le plan d’ensemble est convaincant, l’expérience de cliquer sur des rubriques dans l’anticipation de découvertes conduit trop souvent à la déception de tomber sur des liens non encore mis en place. Une fois de plus on constate cette tendance trop fréquente sur Internet de vouloir aller trop loin trop vite, plutôt que d’appliquer les vertus traditionnelles d’un travail méthodique et patient… Quant au deuxième site de ce groupe, celui de Pierre Cohen-Bacrie (http://pages.globetrotter.net/pcbcr/zola.html), il offre un échantillonnage tout à fait honnête de l’univers zolien y compris un lien, que je n’ai trouvé nulle part ailleurs, vers les travaux du lycée Marcel Gambier de Lisieux http://ourworld.compuserve.com/homepages/bib_lisieux/gambier.htm où l’on peut parcourir des conférences sur Germinal prononcées par Gérard Gengembre et par Guy Barthèlemy. Enfin les deux derniers sites créés par des chercheurs/ensignants individuels, http://www.chez.com/ezola/index.html et http://www.as.wvu.edu/mlastinger/zola.htm, offrent des documents et des travaux proprement universitaires. La page d’accueil de Jean-Sébastien Macke est visuellement peu prometteuse. Pourtant lorsqu’on franchit le seuil on découvre deux études majeures en ligne de Macke : Zola photographe (sans une seule photo, pourtant !) et Émile Zola et Alfred Bruneau ainsi que de belles photos portant sur Zola et Bruneau rassemblées sous la rubrique « Documents ». Si la page d’accueil de J.-S. Macke rebute quelque peu que dire du titre de celle de Michael Lastinger, « Les ‘Tauttitons’ chauds »….!! Décidément l’humour américain demeure très particulier. Et pourtant ici encore, une fois la surprise passée, on découvre des éléments tout à fait intéressants dont notamment une version électronique du livre de Paul Alexis, Émile Zola: notes d'un ami (Paris, Charpentier, 1882), suivi de VERS INÉDITS D'ÉMILE ZOLA : « Mon cher Alexis », « L'Amoureuse », « Comédie: Rodolpho », « L'Aérienne », « Paolo », « A mon ami Paul », « Ce que je veux », « Nina », « Vision », « A mes amis », « Le diable ermite », « Religion », « A mon dernier amour ». Ajoutons à cette importante ressource l’extrait de L'Assommoir où le cortège de mariage décide de visiter le palais des rois récemment converti en le musée du Louvre. M. Lastinger a établi des liens entre le texte zolien et les différentes salles mises en ligne par le Louvre (http://www.louvre.fr/) — site absolument remarquable, d’ailleurs. À ces ressources il faut ajouter la numérisation du livre de F. C. Ramond, Les Personnages des Rougon-Macquart : pour servir à la lecture et à l'étude de l'œuvre de Émile Zola (Paris, Charpentier, 1901);  sa présentation astucieuse (avec une grille qui permet de cliquer sur une lettre de l’alphabet et d’accéder directement aux noms des personnages commençant par cette lettre) fournit au chercheur un instrument de travail précieux.

            Restent les sites proprement universitaires dont deux au Canada, un en Angleterre et trois à Paris.
            Les « archives » Zola du Centre d’études du 19e siècle Joseph Sablé (http://www.chass.utoronto.ca/french/-sable/collections/zola/index.html) risquent de décevoir le chercheur qui espère consulter en ligne un document ou voir le fac-similé de lettres de Zola (comme on le sait une équipe basée à l’université de Toronto se chargea de l’édition de la correspondance). On ne trouve qu’un catalogue non raisonné des fonds détenus par les « archives » (documents — dont la plupart existent sur microfilm ou en photocopie — et instruments de recherche) ainsi qu’une reproduction des divers index de la correspondance. Ces index sont d’une utilité limitée cependant puisqu’ils renvoient à la version papier de la correspondance (qui n’est pas numérisée). Seul l’Index des notices biographiques est consultable en direct.

Agréable à l’œil, la page du deuxième site canadien, celle de l’Association Internationale de Recherches Multidisciplinaires et d’Etudes Comparées: Emile Zola et son Temps, le Naturalisme, Ecrivains, Artistes et Cinémas Naturalistes à travers le Monde (http://www.ualberta.ca/~aizen/), (c’est en effet le nom de l’association!) présente ses activités ainsi que la table des matières des divers numéros de la revue Excavatio (dommage qu’aucun article ne soit présenté en ligne…).

            Le site hébergé en Angleterre appartient à David Baguley dont la réputation en tant que bibliographe est depuis longtemps établie. Aussi se réjouit-on de découvrir en ligne ses travaux sur la critique zolienne depuis 1981. http://www.dur.ac.uk/SMEL/depts/french/Baguley/Bibliog/index.htm constitue un instrument de travail indispensable pour tous ceux qui travaillent sur Zola.

            Les sites parisiens ne sont pas en reste par rapport à ceux qu’on vient d’évoquer, loin de là. De fait les trois derniers sites qui seront explorés dans ces lignes sont incontournables pour qui s’intéresse à Zola de manière sérieuse. Ainsi qu’on pouvait s’y attendre http://www.cahiers-naturalistes.com/ constitue le point focal cybernautique des études sur Zola et le Naturalisme. En outre ce site est admirablement conçu. Les rubriques principales se chargent rapidement et permettent d’explorer à fond un sujet grâce à des sous-rubriques. C’est ainsi qu’en cliquant sur la rubrique principale « Médan » on aboutit à une nouvelle page contenant des renseignements historiques sur la maison de Zola aussi bien que des détails contemporains d’ordre pratique. Les éléments essentiels sur le maître sont rassemblés dans les pages de ce site. Une seule suggestion à inclure lors d’une révision future : sous la rubrique « Les Éditions de l’œuvre de Zola » on aimerait voir une liste complète des éditions originales de toutes les œuvres avec des liens vers les reproductions de fac-similés quand il y a lieu.

Le site littéraire le plus remarquable sur Internet est sans conteste celui mis en ligne par la Bibliothèque nationale de France, http://gallica.bnf.fr/zola/. À bien des égards il est exemplaire — sur le plan technique, sur le plan de la facilité d’accès offerte à l’utilisateur, et, surtout, sur le plan de la qualité des recherches présentées. Ce qui est proposé par une équipe rassemblée autour d’Henri Mitterand est une étude approfondie, à de multiples niveaux, d’un seul texte de Zola, Le Rêve. Henri Mitterand de décrire les objectifs du site:

« offrir à l’utilisateur non seulement la textualité de l’œuvre, mais aussi son avant-textualité (les dossiers préparatoires), son intertextualité (les "sources" et les textes-échos), son épitextualité (la réception textuelle et iconographique) et sa transtextualité (opéra, film) ; lui ouvrir de multiples voies de consultation ( lexicale, grammaticale, encyclopédique, iconographique, etc.) ; lui permettre de croiser les informations recherchées, en convoquant, par des fenêtres ménagées à la marge du texte, des données complémentaires, dites " hypertextuelles " parce qu’elles se surajoutent au texte premier, en provenance d’autres lieux de cet immense espace textuel ; et ainsi élargir, accélérer et enrichir les recherches de l’histoire littéraire, de la philologie, de la critique génétique, de l’analyse littéraire, de la poétique générale, etc. On trouvera donc dans ce fonds : le dossier préparatoire du Rêve, selon deux classements : un classement catégoriel établi par Zola lui-même (ébauche, notes, plans, personnages) et une tentative de classement chrono-génétique reconstituant la genèse du roman ; le texte du roman, dans ses différents états (manuscrit, pré-publication, édition originale ), assortis de notes ; les sources ; les textes de Zola concernant Le Rêve ; les principaux éléments de l’intertexte culturel ; les documents iconographiques ; les adaptations (opéra et film) ; et les témoignages sur sa réception (critique, caricature, traductions, pastiches, études ultérieures). »

Pari lancé, pari tenu. Ce site est en quelque sorte la réalisation du rêve de ce que peut et doit être une édition critique à l’époque moderne (avec quelques réserves peut-être…) Il a été rendu possible grâce aux travaux d’une équipe de chercheurs de première qualité avec un soutien technique sans pareil à la BnF. J’aurai pu consacrer la présente chronique entière à évoquer les qualités de ce site. Pourtant je me contenterai d’inviter le lecteur à l’explorer lui-même, tout en me permettant de formuler quelques remarques sur la manière de rendre encore meilleur ce site déjà remarquable. Ces remarques se limiteront à la présentation des différents états du texte. On se réjouit de pouvoir consulter le manuscrit du Rêve en mode transcription et en mode image. Ce serait encore mieux cependant si on pouvait confronter sur écran le manuscrit et sa transcription grâce à un système où l’écran était divisé en deux fenêtres. Il en va de même pour les prépublications et l’édition originale. On peut tout consulter sur écran, on peut même télécharger ces documents précieux (le textologue croit avoir pénétré dans la caverne d’Ali-Baba), pourtant on ne peut à aucun moment confronter ces divers éléments, et, bien entendu une telle comparaison est indispensable. La solution idéale serait une série de boutons renvoyant aux différents états du texte qui permette d’appeler dans l’une de deux fenêtres n’importe quel état du texte — manuscrit, plan, dossier préparatoire, prépublication, édition originale — et ainsi de confronter n’importe quel état du texte avec n’importe quel état correspondant5. On souhaiterait également que l’équipe dresse les variantes des divers états par rapport à un texte du roman établi d’après les principes de la textologie moderne. D’autre part il serait souhaitable d’ajouter au dossier des états du texte les épreuves corrigées qui malgré tout font partie des fonds détenus par la BnF (N.A.F. 10350 — http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=N103717). En dehors de ces suggestions on ne peut que se réjouir devant les richesses ici rassemblées, non seulement textuelles mais aussi paratextuelles et intertextuelles (voir la rubrique paratexte/intertexte où sont présentées des lettres de Zola ainsi que des lettres adressées à Zola, intertexte-Sources qui établit les rapports avec les autres textes de Zola, l’intertexte non-zolien qui confronte des passages du Rêve avec des passages semblables tirés d’autres textes allant de La Petite marchande de H.C. Andersen à Paul et Virginie, La Religieuse, Madame Bovary, Les Confessions ). Ajoutons une Bibliographie complète portant sur la Réception contemporaine, la Réception postérieure, les Éditions illustrées, les Éditions illustrées françaises du Rêve, Le Rêve illustré par Carlos Schwabe, les Parodies-Caricatures, les Traductions et réceptions étrangères, la Réception du Rêve dans le monde germanique, les Traductions anglaises, les Traductions espagnoles, les Traductions et réceptions grecques, les Traductions italiennes, les Traductions portugaises, la Traduction et réception suédoise, les Autres Traductions, une Filmographie (Deux "Rêve" à l'écran), la Revue de presse 1921, la Revue de presse 1931, l’Opéra-Musique Le Rêve d'Alfred Bruneau. Il serait difficile d’imaginer mieux.

            Notre dernière halte sera devant l’exposition Zola organisée par la BnF (http://expositions.bnf.fr/zola/). L’exposition s’ouvre sur une épreuve négative de la marquise de l’une des grandes gares (qui fait penser à certaines scènes de La Bête humaine) sur laquelle sont imposées les diverses catégories de l’exposition : on clique sur l’un des titres, le dossier préparatoire de l’Assommoir, par exemple, et l’on est aussitôt transporté vers une présentation audiovisuelle des coulisses de l’écriture de ce roman où l’on reçoit une merveilleuse impression de Zola et de son époque grâce à une savante manipulation technologique où collages, dossiers préparatoires, photos, explications et analyses scientifiques accompagnent des images de qualité superbe en fondu constant. Cette exposition virtuelle est une réussite incontestable sur tous les plans — l’on s’y attarde avec plaisir, on y retourne à souhait. Pourtant, le propre des expositions est leur caractère éphémère, les seules traces permanentes étant le catalogue : espérons que la BnF créera un précédent avec cette nouvelle forme technologique et qu’elle conservera en ligne cette exposition aussi longtemps qu’il y aura des amateurs de l’œuvre de Zola désireux de la fréquenter.

            Les sites zoliens décrits dans ces pages sont vraisemblablement l’indice d’une nouvelle ère cybernautique. Après des années de croissance caractérisées par l’attirance de la nouveauté et par le désir de mettre en ligne un maximum d’infor-mations en un minimum de temps, peut-être entre-t-on dans la phase de la maturité où les ressources de la technologie sont au service de la recherche traditionnelle créant ainsi de nouvelles aires et de nouveaux instruments de recherche. Que la présente expérience en compagnie de nos amis zoliens marque justement un tournant capital et que d’autres équipes suivent le chemin tracé par eux!

 

Andrew Oliver